Prévenir des souffrances évitables

Vendredi 27 Mai 2016
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Tribune de Genève - Face à face

En juin 2015, le peuple suisse a ouvert la voie au diagnostic préimplantatoire (DPI), en adoptant à une large majorité un article constitutionnel. Les citoyennes et citoyens genevois l’ont même approuvé à plus de 82%. Le 5 juin prochain, nous votons cette fois sur la loi d’application (loi sur la procréation médicalement assistée LPMA), qui était déjà connue avant la votation sur l’article constitutionnel. Il s’agit donc simplement de concrétiser le vote de l’an dernier, en adoptant cette loi qui ne va pas « plus loin », mais qui encadre strictement le DPI et est nécessaire à sa mise en œuvre.

Pour rappel, l’enjeu consiste à donner aux futurs parents qui ont recours à une fécondation in vitro (FIV) le libre choix de dépister certaines pathologies spécifiques. Autrement dit, de pouvoir réaliser à un stade très précoce, avant l’implantation de l’embryon, ce qui l’est déjà aujourd’hui avec le diagnostic prénatal, sur un fœtus de 12 semaines bien installé dans le ventre de la femme enceinte.

Les femmes, les couples qui ont recours à une FIV s’y résolvent en raison d’un risque de transmission d’une maladie génétique grave ou pour cause de stérilité. Dans ce parcours difficile, le DPI leur offre la possibilité d’éviter une « grossesse à l’essai » : il réduit les risques de perdre ensuite le futur bébé et, partant, épargne aux parents un événement toujours traumatisant. C’est pour limiter une autre profonde souffrance, celle de ne pas concrétiser un désir d’enfant et de multiplier des traitements éprouvants, que la nouvelle loi autorise à développer suffisamment d’embryons (12, contre 3 aujourd’hui) pour qu’une FIV ait de vraies chances de succès.

Le DPI, tel que délimité par cette loi, consiste en une palette restreinte de questions diagnostiques et ne vise en aucun cas à choisir la couleur des yeux de l’enfant à naître. Pas plus qu’il ne veut éradiquer le handicap - lequel n’a d’ailleurs souvent pas de cause génétique -. S’il y a effectivement un enjeu éthique et politique crucial à améliorer l’intégration des personnes handicapées dans notre société, il y en a un autre, bien distinct, à prévenir le handicap et la maladie qui pourraient toucher des personnes n’existant pas encore.

Comme le diagnostic prénatal, le DPI permet simplement aux femmes et aux couples concernés de prendre leurs responsabilités de futurs parents en toute connaissance de cause et de prévenir des souffrances évitables. Pour toutes ces raisons, il faut éviter de bloquer l’application du DPI et confirmer le OUI de l’an passé en approuvant la modification de la LPMA.