La juste prime

Lundi 31 Octobre 2016
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Post-scriptum

Pour un plafond des primes-maladie à 10% du revenu

Chaque automne, c’est pareil : en même temps que les feuilles, tombe l’annonce des nouvelles primes d’assurance-maladie. Et, avec la même constance, on nous prévient qu’elles sont en hausse. Ce alors que les primes représentent déjà une charge bien trop lourde pour beaucoup de familles. Las, le Conseil des États a balayé, cette session, ma motion demandant le plafonnement des primes à 10% du revenu.

L’an prochain, les primes de l’assurance-maladie de base augmenteront, en moyenne, de 4,5%. À Genève, elles grimperont même de 5,7%. En 20 ans, les primes (pour adultes) en Suisse ont été multipliées par 2,5 (+150%). Or, ces 15 dernières années, les salaires n’ont augmenté que de 11% et les subsides, de 35%. Résultat : les primes rognent toujours plus le pouvoir d’achat des personnes à revenus moyens ou modestes, en particulier à Genève.

À titre d’exemple, une famille genevoise composée de deux parents, de deux jeunes de 21 et 19 ans et d’un ado de 17 ans, avec un revenu annuel de 94’000 francs, n’a droit à aucun subside. Or, les primes que cette famille paie (en 2016) auprès de la caisse-maladie la moins chère du canton représentent plus de 23% de son revenu disponible ! On est loin, très loin, de l’objectif de 8% exprimé par le Conseil fédéral lors de l’élaboration de la LAMal... Même les assuré·e·s qui touchent des subsides gardent à leur charge des primes parfois supérieures à 15% de leur revenu !

La situation est d’autant plus intenable qu’au poids des primes s’ajoute l’augmentation de la participation aux coûts (franchise, quote-part et taxe de séjour hospitalier). Depuis l’entrée en vigueur de la LAMal, celle-ci a augmenté de 111% ! Certain·e·s n’ont donc pas d’autre choix que d’économiser sur la santé : une personne sur dix renonce, pour des raisons financières, à consulter un médecin..

Pour remédier à ce désastre, ma motion demandait l’introduction d’un objectif social minimal commun aux différents systèmes cantonaux de subsides : aucun ménage ne devrait dépenser plus de 10% de son revenu pour les primes de l’assurance de base. Las, le 14 septembre, la majorité de droite du Conseil des États a rejeté ma motion, par 31 voix contre 13 !

Mais le PS ne désarme pas : des initiatives populaires ont été lancées en ce sens dans différents cantons. Le canton de Vaud doit d’ailleurs appliquer ce plafond de 10% dès 2019. Le PS propose aussi des mesures pour freiner l’explosion des primes. Le Groupe socialiste a ainsi déposé, cette session, un paquet d’interventions parlementaires sur ces questions.

La population paie un trop lourd tribut à la libéralisation et à la concurrence dans le domaine de la santé. Il est temps de soigner notre système de santé et de renouer avec le principe de solidarité financière et sociale qui est à la base de la LAMal ! C’est la seule façon d’éviter une prochaine dé-prime saisonnière qui, pour beaucoup, dure toute l’année.