Hausse des primes: réponses multiples

Lundi 01 Octobre 2018
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Tribune de Genève

En 2019, les primes maladie n’augmenteront « que » de 1.2% en Suisse et de 1.4% à Genève. Cette hausse, qui renforce malgré tout le poids déjà très lourd des primes, appelle des réponses multiples.

Des réponses qui se situent d’abord au niveau de l’allègement des charges. Les primes, qui ont augmenté beaucoup plus vite que les salaires et les rentes, représentent une part croissante et parfois insupportable du budget des ménages. Raison pour laquelle le Parti socialiste prévoit de lancer une initiative plafonnant cette charge à un maximum de 10% du revenu et harmonisant les subsides d’assurance maladie entre les cantons.

Il s’agit aussi de freiner la hausse des primes en contrôlant mieux les coûts de la santé. Par exemple, en introduisant un prix de référence pour les médicaments, calculé sur la base du générique le meilleur marché. Mais aussi, comme le prévoit le Conseil fédéral, en menant des projets pilotes qui explorent des pistes pour réduire les coûts : par exemple, le développement des réseaux de soins ou l’expérimentation de nouveaux systèmes de financement des soins.

Le vieillissement de la population et les défis qu’il pose à notre système de santé doivent nous inviter à repenser ce dernier. C’est ce que font certains médecins avec le concept de « Less is more » ou « Moins est mieux que plus », qui consiste à débusquer les excès de traitement, inutiles et coûteux. Quand on sait que 20% des interventions médicales sont superflues, voire préjudiciables, il y a là un potentiel de plusieurs milliards de francs d’économies à l’échelle suisse ! Par ailleurs, la mise en place d’une véritable politique de prévention permettrait d’agir sur les déterminants de la santé et de réduire considérablement les coûts de la médecine curative.

La maîtrise des coûts passe aussi par un renforcement du contrôle public de l’assurance maladie. C’est ce que demande une initiative populaire visant à permettre aux cantons de créer une institution cantonale d’assurance maladie. Avec, à la clé, une mutualisation et donc une baisse des réserves ainsi qu’une disparition des coûts de démarchage et de publicité.

Tout au contraire, les propositions de la majorité de droite du parlement font de la santé publique une affaire privée. Faire payer plus les gens qui souffrent d’obésité, augmenter la franchise minimale à 500 francs : autant de mesures qui chargent les personnes malades et la classe moyenne. Sans parler du projet d’uniformiser le financement des prestations hospitalières et ambulatoires : la droite prévoit dans ce contexte un transfert des fonds publics vers les assureurs, qui deviendraient LES interlocuteurs uniques dans le domaine des soins, alors que la transparence et le contrôle des caisses est loin d’être une réalité.

Il est décidément temps que la santé publique et son financement cessent d’être les jouets d’intérêts privés, au détriment de la population.