Circoncision: briser les tabous

Dimanche 06 Octobre 2013
Type d'activité: 
émission
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France Info

Texte sur le site de France Info:

Tatouages, opérations esthétiques injustifiées, mutilations sexuelles, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe veut protéger l'intégrité physique des enfants. Et s'inquiète de la circoncision.

Giulio Romano, La Circoncision, vers 1522.

Le Conseil de l'Europe a lancé en 2008 une campagne pour bannir des familles la fessée. Il pourrait maintenant protéger les petits garçons de la circoncision. Une députée socialiste allemande, Marlène Rupprecht, a défendu le 1er octobre 2013, devant ses collègues des 47 réunis à Strasbourg, un rapport sur le droit des enfants à l'intégrité physique. Ce rapport dénonçait en bloc les opérations esthétiques inutiles et trop précoces, les piercings, les tatouages et les traditions culturelles mutilantes, comme la circoncision et l'excision.

La résolution qui l'accompagnait, particulièrement critiquée par les représentants turcs, a été votée par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à une très large majorité. La commission des questions sociales et de la santé, qui est à l'origine du texte, ne veut pas s'attaquer aux libertés religieuses, mais sensibiliser les familles aux risques médicaux et psychologiques inhérents à la circoncision. La députée socialiste suisse Liliane Maury Pasquier, qui préside cette commission, veut briser les tabous et permettre aux parents de faire librement leur choix, avec leurs enfants, sans subir les pressions de leur entourage. Elle insiste pour que les familles laissent leurs fils grandir et mûrir avant de pratiquer éventuellement cette opération, avec leur accord, dans de bonnes conditions sanitaires.

L'ablation du prépuce, sous prétexte de santé publique, est une pratique courante aux États-Unis. De plus en plus de parents, cependant, s'y opposent.

En juin 2012, un tribunal de Cologne, en Allemagne, a estimé que la circoncision pour des motifs religieux était une pratique contraire à l'intérêt de l'enfant, avant que le Bundestag ne l'autorise à nouveau, six mois plus tard. Le parlement allemand a tout de même exigé que l'ablation soit réalisée sous contrôle médical et sous anesthésie.

Enfin, dans sa résolution, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe veut protéger de toute intervention médicale prématurée les bébés "intersexués", c'est à dire les enfants dont on ne connait pas le sexe avec certitude à la naissance.