Candidate au Conseil des Etats

Samedi 14 Mars 2015
Type d'activité: 
discours/exposé

Chères et chers camarades,

L’année 2015 a commencé de manière bien sombre. Sombre l’ambiance après les attentats qui ont secoué Paris et Copenhague, événements qui ont interpellé notre rapport aux minorités, à la religion, au respect de l’Etat et de ses représentant-e-s. Et par-dessus tout, notre rapport à la liberté d’expression et aux limites que certains aimeraient lui imposer.

De plus, la guerre fait rage dans l’Est de l’Ukraine, à quatre heures de vol de Genève, en Europe même.  Sans oublier – pour compléter ce sombre inventaire, tendance Guernica plutôt que Prévert – les exactions commises par des bandits qui, sous prétexte de leur religion, s’en prennent à leurs propres populations, au Nigéria ou en Syrie, sans oublier non plus les réfugié-e-s traversant les flots, au péril de leur vie, pour rejoindre l’Eldorado européen.

En Suisse, on ne peut pas dire non plus que 2015 ait commencé de manière lumineuse. L’abandon du taux plancher a secoué fortement notre économie, ouverte sur le monde. Il est question d’emplois biffés, d’entreprises fermées, de trous potentiels dans les comptes des assurances sociales en raison des intérêts négatifs. Et, ça n’a pas manqué, certains milieux se sont aussitôt précipités pour remettre sur la table leurs fausses bonnes solutions, comme la libéralisation des horaires d’ouverture des commerces, le versement des salaires en euros ou l’augmentation du temps de travail, entre autres réjouissances.

Au regard de la situation, il est de notre responsabilité  d’offrir des propositions cohérentes et novatrices en nous référant aux belles valeurs du parti socialiste : la solidarité, la cohésion, la justice sociale. Plutôt que de nous contenter de quelques slogans et de fausses solutions qui  opposent les uns aux autres, riches et pauvres, alémaniques et francophones, de la ville et de la campagne, nous, socialistes, savons que nous devons prendre en compte l’intérêt général pour combler les écarts et pour que chacune et chacun trouve sa place. Nous nous battons pour l’égalité – des salaires, des responsabilités et des tâches – , pour le respect du travail et des retraites, pour une médecine de qualité accessible à l’ensemble de la population, pour une politique culturelle diversifiée, pour une politique des transports respectueuse de l’environnement, pour un système éducatif démocratique, pour le respect de toutes les sensibilités et de tous les parcours de vie. Enfin, nous nous engageons pour un monde solidaire, qui ne reste pas confiné à notre seul canton, notre seul pays, notre seul continent. En résumé, nous faisons tout notre possible pour que chaque individu puisse développer ses  compétences et faire ses choix, tout au long de sa vie, au sein d’une communauté humaine plus forte de chacun-e de ses membres.

Cet engagement est crédible et il est, de plus, en adéquation avec les aspirations de notre société.

Ainsi, bien que minoritaires, les socialistes savent aborder les problèmes de front et apporter des réponses crédibles. Contrairement à ce que l’on entend souvent, notre parti est le parti gouvernemental qui, dans une constellation minoritaire, emporte le plus souvent l’adhésion de la population, plus que l’UDC qui se targue pourtant d’être le porte-parole des Suisses. Et lorsque nos initiatives ne franchissent pas le cap des 50%, nous les utilisons pour transformer l’essai : l’initiative pour une caisse publique d’assurance maladie a ainsi permis l’affinement de la compensation des risques et la naissance de la Loi sur la surveillance de l’assurance-maladie. Quant à l’initiative sur les forfaits fiscaux, c’est elle qui a initié un durcissement de la pratique et l’élargissement de la base de calcul à 7 fois la valeur locative ou 400'000.- au minimum.

De plus, au plan cantonal et communal, le bilan récemment publié des sortantes et sortants socialistes confirme, si besoin était, les excellents résultats obtenus par des élu-e-s engagés et déterminés.

Et c’est précisément dans cette dynamique que j’ai décidé de vous demander, une nouvelle fois, de m’accorder votre confiance pour un nouveau mandat au Conseil des Etats.

Je souhaite me représenter parce que j’aime ce que je fais, parce qu’il y a encore, comme vous le savez, nombre de défis à relever ces prochaines années, que l’on pense à la réforme de la prévoyance vieillesse 2020, à la transition énergétique, aux suites du vote du 9 février 2014 ou au maintien des conditions cadre pour le développement de la recherche et de la formation, pour n’en citer que quelques-uns pour lesquels nos voix seront indispensables pour trouver des solutions essentielles pour l’avenir de la Suisse. Au Conseil des Etats, les majorités ne découlent pas directement des rapports de force mathématiques et c’est bien le dialogue et la possibilité de gagner l’une ou l’autre voix qui permettent, parfois, de trouver des majorités !

Je souhaite également me représenter aux côtés de Robert Cramer, qui a déjà été désigné par les Verts, parce que nous sommes complémentaires et que nous sommes aussi les mieux placés pour représenter Genève. En effet, comme le montre une comparaison de nos votes au Conseil des Etats avec les résultats genevois des scrutins populaires, nous pouvons constater, avec satisfaction, que nous sommes sur la même longueur d’ondes trois fois sur quatre, et que nous faisons nettement mieux que les partis bourgeois dont les mots d’ordre ne correspondent pas autant aux votes des Genevoises et des Genevois. Nous sommes donc tout à fait légitimés à représenter, outre nos partis, notre canton au Conseil des Etats.

Bien sûr, il n’y a pas que le Conseil des Etats. L’élection au Conseil national, dont nous discuterons tout à l’heure, est aussi très importante pour l’avenir de Genève et de la Suisse. La désignation de nos candidat-e-s constitue la première étape, importante et stratégique, d’une campagne intense et je me réjouis de voir que le nombre et la qualité des candidat-e-s à la candidature devrait nous permettre de présenter une liste très large, représentative de tous les âges et de tous les milieux, pour succéder à Maria, aux côtés de Carlo et Manuel qui ont fait un excellent travail au cours de cette législature, et conserver ainsi, j’en suis certaine, nos trois sièges au Conseil national.

En espérant pouvoir compter sur votre soutien, je vous remercie de la confiance que vous m’avez témoignée jusqu’ici et je me réjouis de continuer de m’engager à vos côtés.

Liliane Maury Pasquier
Congrès du Parti socialiste genevois
Bernex, le 14 mars 2015