Cérémonie de remise des prix des apprenti-e-s de Migros Genève
Chères diplômées, chers diplômés,
Mesdames, Messieurs,
Je tiens tout d'abord à vous adresser mes sincères félicitations pour le diplôme que vous allez recevoir ce soir. En effet, que ce soit à la fin de votre apprentissage ou dans le cadre de la formation continue, ce diplôme est le fruit d'efforts de longue durée et d'une motivation évidente à vous former et cette motivation est certainement une des choses les plus importantes de la vie. Se poser des questions, se donner les moyens d'y répondre, chercher à comprendre, à connaître, à savoir, se perfectionner : ce sont autant d'attitudes qui font sortir de soi, qui nous font avancer sur le chemin de la connaissance de soi et du monde et qui nous permettent ainsi d'interagir avec celles et ceux qui nous entourent, de participer à la construction de notre société et de l'influencer ne serait-ce que très modestement.
Mon propre parcours de vie peut certainement être lu comme un chemin de formation dont j'ai tiré et tire encore grand bénéfice.
Ainsi, après avoir obtenu un diplôme de maturité en 1975, j'ai, dans un premier temps, renoncé à poursuivre des études puis, pour pouvoir exercer une activité professionnelle, j'ai suivi des cours du soir de secrétariat. Après quelques années dans le monde professionnel, j'ai repris une formation de 3 ans à plein temps pour obtenir, en 1988, un diplôme de sage-femme. Le fait d'avoir un diplôme de maturité en poche m'avait alors permis de pouvoir entreprendre cette formation sans même devoir passer d'examen complémentaire de connaissances. Depuis, je suis régulièrement, environ une fois par an, des cours de formation continue qui constituent, à mes yeux, le complément indispensable à une pratique professionnelle évolutive.
Et toutes ces connaissances acquises tout au long de mes diverses activités professionnelles me sont maintenant utiles dans l'exercice de mon mandat politique : les 7 ans d'allemand � pour lequel je n'avais pourtant pas de sympathie particulière à l'adolescence � se sont révélés une base précieuse pour me permettre de participer pleinement aux travaux du Conseil national et mes aptitudes dactylographiques m'aident à gagner un temps précieux quand je dois rédiger des interventions parlementaires ou des discours comme celui de ce soir. Ces deux exemples illustrent aussi le fait que, même si on ne voit pas d'utilité immédiate à l'apprentissage que l'on est en train de faire, les aléas de la vie nous offrent souvent la possibilité inattendue de mobiliser ces compétences que l'on croyait tellement profondément enfouies mais qui s'avèrent toujours présentes.
Alors, allez-y, formez-vous, en formation initiale ou continue, cultivez cet état de curiosité permanent, cette soif de savoir qui fait avancer. Et dites, avec l'Américain Lee Friedlander, alors âgé de 65 ans : « J'ai passé ma vie à jouer et à apprendre. Et si apprendre est un plaisir, apprendre toute sa vie est un privilège. J'ai appris et j'apprends de tout ce que je fais. »
Cette motivation pour la formation, j'aimerais aussi et surtout l'encourager chez vous, Mesdames, qui, bien qu'ayant des compétences égales à celles de vos compagnons, vous retrouvez aussi nombreuses, voire plus nombreuses, qu'eux à vous former en formation initiale mais, au fur et à mesure que l'on monte dans la hiérarchie, ne vous retrouvez ainsi, selon de récentes études réalisées dans toute la Suisse, plus que 18% des cadres moyens et seulement 1 à 3% des membres des directions générales.
Je ne peux dès lors que vous inciter à prendre conscience de vos capacités, à vous laisser avoir envie de faire une carrière. Ne vous culpabilisez pas de devoir concilier vies familiale et professionnelle. Demandez à vos compagnons de partager concrètement les tâches et les responsabilités parentales. Intervenez comme employées auprès de votre employeur, comme citoyennes auprès des pouvoirs publics, pour que l'on mette enfin en place les mesures qui vous permettront de concilier vies familiale et professionnelle : la création de places de crèche en nombre suffisant, la possibilité de travailler et de devenir cadre aussi à temps partiel, pour les femmes comme pour les hommes, des aménagements d'horaires de travail comme des horaires scolaires. Et la liste pourrait encore s'allonger.
En conclusion, Mesdames, Messieurs, je réitères mes félicitations à toutes les personnes diplômées et je tiens également à y associer Migros-Genève qui n'a pas attendu l'initiative populaire pour des places d'apprentissage pour endosser sa part de responsabilités dans la formation en apprentissage et qui accorde l'importance qu'elle mérite à la formation continue et permanente.
Il ne me reste plus qu'à vous adresser mes v�ux les meilleurs :
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À vous, représentantes et représentants de Migros-Genève, pour que vous puissiez former encore plus et encore mieux les jeunes qui souhaitent entamer un apprentissage dans votre entreprise, pour que vous étendiez, si possible, à l'ensemble de votre personnel vos offres de formation continue et pour que vous développiez une politique conséquente d'encouragement et de promotion des femmes, qui passe, entre autres, par les différentes mesures que je viens d'évoquer.
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À vous, diplômées et diplômés du jour, pour que vous ayez la chance d'exercer une activité professionnelle épanouissante et dynamique, qui soit synonyme d'engagement, bien sûr, mais aussi de qualité de vie.
Je reste bien évidemment à votre disposition pour des questions que vous souhaiteriez me poser et vous remercie de votre attention.



