Voter, ça change quelque chose
Voter, ça change quelque chose !
« De toute façon, à Berne, y font c'qu'y veulent ! »
Combien de fois n'ai-je pas entendu prononcer cette phrase avec ce sentiment désabusé d'impuissance et de fatalité, comme s'il n'y avait rien à faire pour changer l'ordre des choses !
Pourtant, moi qui siège depuis maintenant 8 ans au Conseil national, je puis vous assurer qu'il n'y a rien de moins vrai et que les parlementaires fédéraux ne font pas ce qu'ils veulent. Non, ils font ce qu'ils ont dit qu'ils feraient, ils votent selon la politique défendue par leurs partis et forment des majorités qui ne trouvent pas toujours l'accord de la population.
On peut tirer deux leçons de cette observation de l'intérieur : la première consiste à dire combien il est important d'utiliser son droit d'élire nos représentant-e-s et la deuxième montre l'importance de bien comprendre quelles sont les positions des partis qui recherchent nos suffrages.
Oui, il est extrêmement important de participer aux élections fédérales car c'est bel et bien notre choix de citoyennes et de citoyens qui est déterminant pour définir la composition du parlement et, donc, la politique menée par « Berne ». C'est notre bulletin, ajouté à des milliers et des millions de bulletins de vote, qui va avoir des conséquences sur la vie en Suisse, sur notre propre vie, au cours des 4 prochaines années.
Oui encore, il est très important de connaître les positions prises par les élu-e-s des différents partis et qui montrent bien dans quelle direction ils souhaitent aller. Etes-vous d'accord avec eux ?
Voulez-vous que l'on augmente l'âge de la retraite (des femmes, d'abord, puis de tout le monde dans quelques années) même si les personnes de plus de 55 ans peinent à trouver du travail ?
Voulez-vous que l'on permette aux propriétaires de payer moins d'impôts alors que l'on supprime les mesures d'encouragement à la construction de logements à loyer modéré et qu'il est à peu près impossible de trouver un appartement ?
Voulez-vous que l'on permette seulement aux personnes qui ont des revenus confortables de prendre une retraite anticipée alors que celles et ceux qui en auraient besoin, parce que leur travail est épuisant, n'ont pas la possibilité de le faire ?
Voulez-vous que l'on supprime les investissements pour les mesures de protection contre le bruit, pour l'entretien des forêts, contre les avalanches et les inondations, pour la construction de la liaison ferrovière Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse alors que diverses catastrophes naturelles et l'été caniculaire que nous venons de traverser nous montrent les atteintes que nous avons portées au climat ?
Si vous répondez « oui » à ces questions, vous pouvez voter tranquillement pour l'un des trois partis gouvernementaux qui, à quelques nuances près, pratiquent cette politique-là et la mettront en application : l' UDC , chef de file d'un libéralisme sauvage (mais qui camoufle sa politique sous un patriotisme bon teint, en désignant � comme c'est facile � des boucs émissaires qui empêchent de voir ce qu'elle est en train de faire de la Suisse), le parti radical, aligné sur la même vision de l'économie libérale mais qui n'en a plus le leadership, et le PDC qui, grâce à ses prises de position fluctuantes, permet aux deux autres de mener cette politique-là.
Si vous répondez « non » à ces questions, si vous trouvez que la cohésion sociale est l'un de nos biens les plus précieux, si vous croyez toujours à la devise « Un pour tous, tous pour un » et que vous ne trouvez pas normal qu'il y ait en Suisse toujours plus de millionnaires et, en même temps, toujours plus de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, vous pouvez en toute confiance accorder vos suffrages au parti socialiste. Ce sont les positions que j'ai défendues, avec les autres élu-e-s de mon parti, ces 8 dernières années et que je défendrai encore, si vous m'élisez pour un nouveau mandat.
Liliane Maury Pasquier, conseillère nationale, Châtelaine
Election au Conseil national : Les socialistes, liste n° 1
Election au Conseil des Etats : Christiane Brunner et David Hiler



