Liliane Maury Pasquier - Dieu et les femmes

Je crois en Dieu qui est Amour, Dieu père et mère, qui accompagne ses enfants pour leur permettre de devenir autonomes et responsables c'est-à-dire adultes.

Je crois en Dieu mais je ne sais rien de Lui et je ne me risquerais en aucun cas à affirmer quoi que ce soit sur Sa relation à telle ou telle catégorie de la population. Alors que dire sur « Dieu et les femmes » ? Bien qu'ils aient été écrits par des hommes (et pas par des femmes), vivant à une certaine époque et donc imprégnés de l'atmosphère dans laquelle ils baignaient mais, je l'espère, touchés par la grâce de l'Esprit, les textes de la-Bible sont une source inépuisable d'inspiration.

Ainsi, il est écrit :

« Dieu créa l'homme à son image

à l'image de Dieu il le créa

homme et femme il le créa. » (Genève, 27)

Homme et femme indissolublement liés dans la représentation conjointe du même Dieu.

Homme et femme pourtant diversement représentés, tout au long de l'histoire, par des témoins hommes et femmes qui ont le plus souvent correspondu aux schémas traditionnels de répartition des rôles : aux hommes les fonctions de commandement et d'autorité, les premières places (prêtres, apôtres, évêques, papes) et aux femmes les tâches de service et d'abnégation, les seconds rôles.

Et pourtant�

Pourtant la Genèse ne fait aucune différence.

Pourtant Jésus lui-même, Dieu fait homme � femme, ça aurait été trop difficile ! � était accompagné de femmes actives, audacieuses et pouvant même jouer des rôles différents, telles Marthe et Marie, l'une au service et l'autre en pleine formation théologique ( Luc, 38-42 ).

L'église et les femmes

Pourtant des femmes remarquables, dont le rayonnement n'était pas dû à des qualités exceptionnelles d'humilité, qui ont nom Hildegard von Bingen, Thérèse d'Avila ou Jeanne d'Arc, ont marqué leur époque dans des rôles d'autorité et en utilisant tous leurs talents artistiques, intellectuels et spirituels.

Pourtant, des Eglises s�urs en christianisme ont reconnu aux femmes la pleine capacité d'exercer aussi un sacerdoce de successeure du Christ au service d'une communauté.

Pourtant notre Eglise ne tourne que parce que des femmes s'y consacrent, en nombre au moins aussi important que des hommes, dans les rôles qui leur sont prescrits.

Il y a 27 ans, j'avais co-écrit, avec une amie, Catherine, un texte dans une publication à la diffusion confidentielle dont je ne renie aucune ligne et qui disait ceci :

« Nous interrogeant sur notre place de femme dans la société, nous nous sommes aussi interrogées sur notre place dans l'Eglise à la lumière d'un document sur le sacerdoce des femmes. Voici les questions qu'il a suscitées en nous :

•  quelle place, à part la sainteté � qui, soit dit en passant, est aussi pour les hommes � nous offre l'Eglise ?

•  on nous dit que la femme n'a pas la vocation de sacerdoce ministériel tant que l'Eglise ne ratifie pas celui-ci ! Mais alors, qu'est-ce qu'une vocation ? N'est-ce pas d'abord un appel de Dieu à quelqu'un-e et la réponse à cet appel ?

•  On ajoute que si le prêtre est une femme, les croyant-e-s n'y verront plus le Christ. N'est-ce pas les prendre pour des idiot-e-s ? Et que faites-vous alors de l'autre qui est aussi un des visages du Christ ?

En fait, nous ne voulons pas de la place de l'homme dans l'Eglise mais que celle-ci nous permette de marcher debout, d'avoir notre place, une place à part entière. » (Regarde, n°5,1977)

Et j'ajouterais, espérant que les choses finissent par changer, grâce à Dieu mais surtout à nous-mêmes :

�une place qui nous permette, à chacun-e selon ses capacités, de faire fructifier les talents qui nous ont été confiés, de répondre à l'appel de Dieu dans nos vies et de jouer pleinement le rôle de la croyante et du croyant : être prêt à porter Dieu en soi et à Le mettre au monde.

Liliane Maury Pasquier

Mars 2004 - Article paru dans le numéro de mars de "Paroisses vivantes" - Paroisse St-Antoine

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