Pour une AVS renforcée!
L'AVS a fonctionné jusqu'à présent à la satisfaction de la population suisse. Malgré une augmentation du nombre de bénéficiaires de l'ordre de 75% au cours des 30 dernières années, elle a maintenu ses dépenses entre 6 et 7% du PIB. Pourtant, on sait qu'elle aura besoin de sources de financement supplémentaires, en raison de l'arrivée à la retraite de la génération du baby-boom, principalement entre 2010 et 2020. Pour faire face à ces besoins, deux alternatives s'opposent : augmenter les ressources à disposition ou baisser les prestations. C'est très clairement la seconde solution que la majorité du Conseil fédéral préconise : augmentation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, refus d'un système de retraite anticipée pour les bas à moyens revenus, ralentissement puis suppression de l'indexation des rentes (ce qui reviendrait à réduire les rentes de 20% d'ici à 2020) ! Le peuple suisse doit donner un signe clair de son refus de toucher à l'AVS s'il ne veut pas assister à ce démantèlement.
L'attribution des bénéfices de la Banque nationale à l'AVS permettra de reporter de plusieurs années l'augmentation des prélèvements obligatoires (cotisations salariales ou TVA) qui chargent les jeunes générations. Ainsi, 1,5 milliard de francs par an pourront renflouer l'AVS, sans nuire à l'indépendance de la BNS, sans prétériter les cantons (qui ont ainsi la garantie de recevoir 1 milliard de francs chaque année) et sans toucher aux impôts ni aux prestations.
Les cantons et la Confédération, qui annoncent des diminutions de prestations en cas d'acceptation de l'initiative, jouent un jeu dangereux : la peur qu'ils distillent n'est bonne ni pour la croissance économique ni pour la solidarité entre les générations. De plus, leur situation financière n'a cessé de s'améliorer ces dernières années au point que les projets de baisses d'impôts foisonnent � qui profitent surtout aux riches et entretiennent une concurrence malsaine entre les cantons !
Certes, comme les adversaires de l'initiative nous le reprochent, en affectant les bénéfices de la BNS à l'AVS, « nous prenons à Pierre pour donner à Jeanne ». Mais c'est parce que Pierre, qui a plusieurs manteaux dans son armoire, peut aisément en donner un à Jeanne pour qu'elle n'ait pas peur de l'hiver qui vient ! Et ce n'est pas le récent lancement du « Manifeste des managers » cosigné par le patron de l'UBS Marcel Ospel (revenu annuel : 24 millions) et par celui du CS (12,1 millions) qui va nous émouvoir : Ils n'ont pas besoin de l'AVS mais nous oui !
En votant OUI le 24 septembre, nous garantissons la pérennité des rentes AVS et nous renforçons la solidarité entre générations : des rentes garanties pour les rentier-e-s, pas d'amputation supplémentaire sur les revenus des personnes actives et des perspectives d'avenir plus souriantes pour la jeune génération.



