quoi de neuf pour les familles?

Année mondiale de l’astronomie, 2009 sera-t-elle aussi, en Suisse, l’année de la famille? L’avenir des enfants et de leurs parents se dessine-t-il sous de meilleurs cieux? Il est permis de l’espérer: au niveau fédéral, l’engagement des parlementaires socialistes en faveur d’une politique familiale solide et équitable porte ses fruits.

La famille? En réalité, elle ne se dit plus qu’au pluriel: les formes familiales sont aujourd’hui multiples, et en constante évolution. A «nouvelles» familles, nouveaux défis politiques: par exemple, comment améliorer le sort des familles monoparentales? Comment lutter contre l’inégalité qui frappe les enfants et les jeunes tributaires de l’aide sociale (soit 45% des bénéficiaires!)? Et, dans notre société vieillissante, comment permettre à chacun-e d’avoir autant d’enfants qu’il ou elle le désire? (1)

  • DES SOUS NEUFS

A ces questions, la politique familiale apporte des réponses par le biais d’au moins deux piliers. Le premier, c’est le pilier financier. Si, dans ce domaine, la Suisse reste à la traîne,(2) 2009 marque ou promet des progrès. Ainsi, depuis le 1er janvier, toutes les personnes salariées, (3)  quel que soit leur taux d’activité, reçoivent des allocations familiales d’un minimum de 200 francs pour les enfants et de 250 pour les jeunes en formation. A l’origine de cette loi, une initiative de la conseillère nationale socialiste Angelina Fankhauser, déposée en … 1991! D’autres améliorations sont à venir: un projet d’extension de ces allocations aux indépendant-e-s est en cours de préparation. Leur montant minimal doit en outre être augmenté. A la session d’hiver, le PS a déposé une proposition en faveur d’une majoration de 50 francs, indispensable à soutenir les familles et leur pouvoir d’achat en temps de crise.

Les socialistes s’engagent aussi dans le cadre de la révision de l’imposition des couples et des familles. Notre revendication est double: alléger la charge des familles avec enfants (grâce à un barème spécifique, aujourd’hui réservé aux couples mariés), ainsi que celle des petits et moyens revenus (en privilégiant les rabais d’impôts aux déductions fiscales).

Toujours au niveau financier, un projet de loi consacrant l’instauration de prestations complémentaires pour familles dans le besoin devrait être prochainement soumis au Parlement. Ce grâce, notamment, à l’initiative parlementaire de la socialiste Jacqueline Fehr.

  • UN TEMPS NOUVEAU

Cette dernière est aussi à l’origine du programme fédéral d’impulsion à la création de places d’accueil extrafamilial. Un programme dont le Conseil fédéral a décidé de soutenir la reconduction. L’accueil extrafamilial s’inscrit dans le second pilier de la politique familiale, qui veut permettre à toutes et tous de concilier «boulot» et «marmots».

Dans ce but, la famille doit aussi être consolidée dans le monde du travail: temps partiel à tous les niveaux hiérarchiques, horaires souples –mais prévisibles-, congés parentaux étendus (maternité, paternité, parental, d’adoption et pour garde d’enfants malades): les socialistes ont déposé de nombreuses interventions dans ce sens. A titre personnel, j’ai déposé des propositions en faveur d’un congé d’adoption –hélas déclinée pour l’instant- et d’un congé de présence parentale auprès d’enfants gravement malades –à suivre en 2009…-.

En cet an neuf, on le voit, il y a du neuf pour les familles. Dans sa volonté de soutenir les familles de manière digne et solidaire, le PS ne semble plus tout à fait seul. Reste à voir si les autres partis passeront de la parole aux actes… On ne peut que l’espérer: les enfants sont en effet l’expression d’un potentiel de développement extraordinaire, pour peu qu’on le laisse se réaliser. Notre société se doit donc de les protéger et de leur permettre de tenir leurs promesses. C’est aussi pour cela qu’il nous faut soutenir la famille qui, comme l’écrit Balzac, «sera toujours la base des sociétés».

 

(1) A l’heure actuelle, en Suisse, les femmes ont en moyenne 1,46 enfant, alors qu’elles en désirent 2,4.

(2) Les transferts financiers dus à la politique familiale n’atteignent que 7 milliards de francs chaque an –soit 1,3% du PIB en 2005-, ce qui est peu en regard des 47 milliards investis par les familles pour couvrir les coûts directs de leurs enfants, et peu par rapport aux efforts consentis par les autres pays d’Europe.

(3) Ainsi que les personnes sans activité lucrative à revenu modeste.

 

 

article paru dans socialistes.ch - fevrier 2009

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