La 5e révision de l'AI: une grande supercherie!

Sous couvert de réaliser le principe de la primauté de la réintégration sur la rente, inscrit dans la loi depuis près de 50 ans, la 5 e révision de l'assurance invalidité ne contient en fait que des mesures vexatoires, basées sur la méfiance vis-à-vis des personnes atteintes dans leur santé. Les procédures qui y sont notamment prévues pour une détection et une intervention précoces sont plus envisagées sous l'angle de la contrainte que de la collaboration avec la personne assurée, au mépris de la protection des données. Bien sûr, personne ne conteste le fait qu'il vaut mieux intervenir le plus tôt possible afin de limiter au maximum les conséquences négatives d'un arrêt de travail prolongé mais, pour qu'une telle intervention soit couronnée de succès, il faut au moins deux conditions : que la personne concernée soit associée le plus étroitement possible à sa propre prise en charge et que des emplois soient disponibles sur le marché du travail. Or, sur ce point-là également, la 5 e révision de l'AI est largement insuffisante. Sans incitation ou obligation des employeurs, comment voulez-vous que les personnes dont la santé est fragile trouvent un poste de travail ! La concurrence et la recherche de rentabilité maximum ont justement fait disparaître la plupart de ces emplois, principalement depuis la crise économique des années 90, et on voudrait qu'ils réapparaissent, comme par magie, simplement pour faire écho aux belles déclarations des politicien-ne-s de droite !

Sous prétexte d'assainir les finances de l'AI, la 5 e révision prévoit de réaliser 500 millions d'économies, ce qui ne représente même pas le tiers du déficit annuel de cette assurance ! Or, non seulement la majorité a laissé délibérément se creuser un déficit qui lui permet de faire pression sur les personnes invalides, non seulement elle n'a encore accepté aucun projet de financement complémentaire pourtant absolument nécessaire, mais toutes ces économies sont réalisées sur le dos des personnes les plus fragiles de notre société : les couples âgés dont l'un-e des conjoint-e-s s'occupe de l'autre qui est invalide, les invalides qui ont plusieurs enfants, les personnes qui ont besoin de mesures médicales de réadaptation, celles qui doivent recourir à des moyens auxiliaires, celles qui deviennent invalides avant l'âge de 45 ans ou qui n'ont pas pu cotiser pendant 3 ans ! Cela fait beaucoup de monde !

Les associations de défense des personnes handicapées ne s'y sont pas trompées qui toutes appellent à refuser, le 17 juin, aux côtés du parti socialiste et de l'ensemble de la gauche, une révision choquante et dangereuse pour la cohésion sociale qui est la vraie richesse de notre pays.

Mai 2007 - Article paru dans le PS-express

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