Action tram SIDA, Genève

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureuse de vous apporter aujourd'hui le salut et le soutien des autorités fédérales à l'occasion de l'inauguration du tram contre la stigmatisation et la discriminations liées au VIH/sida. Je tiens également à vous remercier de cette action nécessaire contre le silence et l'indifférence qui tuent.

L'histoire du VIH/sida, si elle est relativement récente, n'en a pas pour autant été sans histoire : d'un virus apparemment confiné à un seul groupe de personnes à un syndrome pouvant potentiellement atteindre toutes les catégories de la population, d'une maladie mortelle à une virémie sous contrôle, de campagnes de prévention spectaculaires à une dangereuse banalisation, la vérité et le mensonge, la transparence et la désinformation s'y sont côtoyés et s'y côtoient encore.

Alors, il est utile et nécessaire de rappeler, ici et ailleurs dans le monde, qu'on ne guérit pas du VIH/sida à l'heure actuelle, ni en faisant l'amour avec une vierge ni grâce aux trithérapies . Il est utile et nécessaire de rappeler, ici et ailleurs dans le monde, que le virus ne s'attrape ni en vivant avec une personne séropositive, ni en travaillant avec elle, ni en prenant le même tram qu'elle.

Une société est riche de l'intégration de toutes ses composantes et de toutes les personnes qui la construisent. Elle ne peut que bénéficier de l'apport de tous ses membres dont la Constitution fédérale nous rappelle d'ailleurs, à bon escient, qu'aucun « ne doit subir de discrimination », quelle qu'en soit la cause.

En cachant le VIH/sida, en en faisant un sujet tabou, nous faisons comme l'autruche qui enfouit sa tête dans le sable, comme si on pouvait détruire quelque chose de désagréable seulement en l'ignorant alors que c'est justement le contraire qui est vrai. C'est seulement en reconnaissant l'actualité du VIH/sida et les connaissances que nous avons acquises à son sujet que nous serons mieux armés pour le combattre�sans combattre les personnes qui en sont atteintes.

Alors, loin du « circulez, y a rien à voir », ce tram nous donne fort heureusement l'occasion de parler, de comprendre, de connaître et, ce faisant, de lutter de manière plus efficace contre la maladie et pour les gens.

Discours prononcé le 11 novembre 2002

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