Plus de transparence et de solidarité: OUI à une caisse maladie unique et sociale
Plus de transparence et de solidarité : OUI à une caisse maladie unique et sociale
A entendre les adversaires de la caisse unique, l'acceptation de l'initiative pour une caisse maladie unique et sociale entraînerait une augmentation des coûts administratifs, une augmentation des coûts, des pressions beaucoup plus fortes sur les prestataires de soins et une file d'attente pour accéder aux soins.
Ce « monstre bureaucratique » ne serait pourtant rien d'autre que l'équivalent, dans le domaine de la santé, de notre AVS dont personne ne conteste la gestion et l'efficacité !
Ainsi, pour ce qui est des frais administratifs, passer de 87 caisses à une seule va bien évidemment faire baisser les coûts. Plus besoin de gérer un mécanisme compliqué et inefficace de compensation des risques entre les diverses caisses, plus besoin de gérer la valse des assuré-e-s en fin d'année - chaque changement coûtant entre 200 et 400 francs ! - et plus, non plus, de coûts de publicité pour attirer les "bons risques". Sans même parler de la diminution de postes de direction qui permettra de faire des économies. De plus, l'institution d'une caisse unique gérée de manière paritaire donnera enfin la transparence nécessaire sur les flux financiers, sans plus de risques de glissements de l'assurance de base vers les assurances complémentaires et rendra superflu le contrôle des comptes des caisses par l'Office fédéral de la santé publique, contrôle qui, soit dit en passant, est notoirement insuffisant à l'heure actuelle, avec ces 3 personnes chargées de contrôler près de 90 caisses !
Autre grief, l'augmentation des coûts qu'entraînerait une caisse unique. Proférer de telles accusations ne tient pas compte du fait que l'augmentation des coûts que nous avons connue ces dernières années et ce dans tous les pays industrialisés, quel que soit le type d'assurance maladie qui y est pratiqué, dépend avant tout de deux facteurs qui n'ont rien à voir avec la manière dont l'assurance est gérée : le vieillissement de la population et les différents développements technologiques médicaux. A moins de vouloir reprocher aux personnes âgées de vivre trop longtemps � ce que certaines attitudes d'assureurs maladie ne sont pas loin de faire � je continue de me réjouir du premier élément, tant que la vie gagnée l'est dans de bonnes conditions. Quant aux percées technologiques, qui ne sont pas toujours vraiment synonymes de progrès, quel organe pourrait mieux les gérer et les intégrer à bon escient qu'un conseil tripartite, paritairement constitué de représentant-e-s des pouvoirs publics, des prestataires de soins et des assuré-e-s, à l'image des commissions paritaires instituées pour contrôler les conditions de travail dans le cadre des accords bilatéraux ?
Last but not least , la menace qui planerait sur les patient-e-s qui devraient faire la queue pour toute intervention relève de la mauvaise foi la plus pure. Le rationnement des soins n'interviendra en Suisse que si nous ne prenons pas la peine de rationaliser la gestion de l'assurance maladie, ce que nous proposons justement de faire avec la caisse unique.
Soyons clairs, la caisse unique et sociale n'est pas une baguette magique qui permettra de faire diminuer drastiquement les coûts de la santé mais elle offre la possibilité de mieux gérer l'assurance maladie, de manière plus efficace et transparente. Elle met fin aux vexations imposées aux prestataires de soins qui ne s'y sont pas trompés puisque les associations qui les représentent, fait suffisamment rare pour être souligné, s'engagent en faveur de l'initiative. Elle offre également aux assuré-e-s la possibilité d'avoir leur mot à dire dans ce domaine qui les concerne au premier chef.
Elle permet également enfin d'en finir avec le système inique des primes par tête qui, tel qu'il est actuellement pratiqué, charge particulièrement la classe moyenne et les familles.
Ce qui nous attend en revanche, en cas de non le 11 mars, c'est notamment la réduction des prestations remboursées par l'assurance de base, le renforcement des assurances complémentaires sources de profit pour les assureurs, la fin du libre choix du médecin et la concurrence hospitalière en faveur des cliniques privées, tous projets actuellement en discussion au Parlement et qui pourraient bien être acceptés par sa majorité qui continue de croire que la concurrence la moins contrôlée possible est la panacée dans le domaine de la santé. Bref, une médecine à deux vitesses proprement inacceptable !



