medecines complementaires:
un objectif de base
Pratiquées par 3'000 médecins en Suisse et plébiscitées par 60% de la population, les médecines complémentaires sont particulièrement adaptées pour soulager certain-e-s malades chroniques, ou en cas de grossesse et d’allaitement.
Faisant suite à une initiative populaire aujourd’hui retirée, le contreprojet soumis au peuple le 17 mai veut inscrire «la prise en compte des médecines complémentaires» dans la Constitution. Un texte qui pourrait se concrétiser comme suit. Il permettrait d’uniformiser les règles applicables aux thérapeutes non médecins, une condition essentielle à la sécurité des patient-e-s. Autre intérêt de ce projet: la préservation de la diversité des remèdes naturels. En outre, les médecines complémentaires pourraient être intégrées à la formation du personnel de santé, histoire d’instaurer entre elles et la médecine classique une relation… complémentaire!
Il s’agit aussi de renforcer la prise en charge de ces médecines dans l’assurance de base. En 1994, dans ses explications à la LAMal, le Conseil fédéral déclarait que «la preuve de l’efficacité d’une méthode <de soins> suffit.Ainsi, par exemple, l’obligation d’accorder des prestations est possible pour l’acupuncture ou l’homéopathie.» A charge de la majorité du Parlement qui a accepté le contreprojet d’ancrer dans la loi le remboursement obligatoire, selon des critères transparents, des médecines complémentaires! Il en va du respect de la volonté populaire, n’en déplaise à M. Couchepin…
S’appuyant sur la prévention et des remèdes peu coûteux, les médecines complémentaires sont en tout cas économiques: elles ne représentent que 0,13% des coûts de la santé. Et ce ne sont pas des médecines «supplémentaires»: les statistiques d’Helsana et de la CSS montrent que les personnes qui y ont recours, loin de consulter à double, coûtent 200 francs de moins par an à l’assurance.
Renforcer la prise en charge obligatoire de ces médecines, c’est aussi une question de justice et d’équité. A l’heure actuelle, l’accès à ces méthodes se fait à deux vitesses: risquent d’en être exclus les malades chroniques ou les personnes âgées, privés d’assurance complémentaire pour cause de sélection des risques. Idem pour les personnes à revenus modestes, qui ne peuvent se l’offrir. Car le démantèlement de l’assurance-maladie sociale se fait au profit d’une complémentaire lucrative: ainsi, un assureur propose le remboursement de cinq méthodes exclues en 2005 de l’assurance de base pour six francs par mois, alors qu’il lui en coûtait auparavant 30 centimes par assuré-e. A l’heure où les primes-maladie explosent et où le pouvoir d’achat baisse, l’assurance de base doit offrir à toutes et tous des soins de qualité!
Une qualité que seule garantit une médecine intégrative, permettant à chacun-e d’accéder au traitement, classique ou complémentaire, dont il ou elle a besoin. Un objectif de base, et non «complémentaire»!



