accompagner une parentalite en changement

Mesdames, Chères collègues,

Soyez toutes les bienvenues au congrès 2010 des sages-femmes! En tant que «représentante genevoise du comité du congrès» et présidente de la FSSF, je me réjouis de votre présence et je vous souhaite, je nous souhaite de fructueux échanges autour du thème de cette année: «Sages-femmes cherchent parents: accompagner une parentalité en changement».

Pourquoi  «sages-femmes cherchent parents»?  Parce que notre métier n’est pas centré que sur l’enfant à naître ou sur le nouveau-né. Nous, sages-femmes, assurons le suivi de toute la famille en gestation! Notre métier n’est pas non plus purement technique. Au-delà des actes médicaux, nous tissons un lien souvent très fort avec les parents. Notre mission d’accompagnantes recouvre aussi bien le suivi global de la mère que le soutien au couple naissant à la parentalité et l’aménagement de la place du père.

A ce sujet, il est essentiel que les pères aient la possibilité de nouer dès le départ un lien profond avec leur enfant, un lien qui se tisse dans le concret et qui dure ensuite toute la vie. Il est tout aussi important qu’ils puissent soutenir leur compagne après l’accouchement, sur le plan tant affectif que logistique, et qu’ils soient disponibles pour trouver leurs marques dans la nouvelle relation de couple, dans le nouveau paysage familial. Pour toutes ces raisons, nous soutenons pleinement l’instauration d’un véritable congé paternité pour tous les pères, à Genève comme dans toute la Suisse, et nous nous réjouissons du dialogue que nous avons noué dans ce sens avec le regroupement des pères genevois. Sur cette question-là, les sages-femmes cherchant parents ont rencontré… des pères!

Espérons que cet échange fasse, si j’ose dire, des petits! Car, pour les accompagner au mieux, au plus proche et au plus juste, nous avons besoin des parents. Besoin de parents partenaires, qui puissent, le plus possible, s’informer, former leur propre projet de grossesse, de naissance, de famille, et nous le formuler. C’est dans ce contexte que se pose, notamment, la question du choix du lieu d’accouchement. Et c’est dans ce but que les parents qui «donnent de la voix» se regroupent en collectifs, en associations, en alliances. Cet après-midi, nous aurons la chance d’entendre d’intéressantes contributions sur ces deux sujets.

Cela dit, si l’accompagnement des parents fait partie de notre métier depuis toujours, le visage de la parentalité a beaucoup changé ces dernières décennies. Aujourd’hui, la parentalité se décline sous des formes plurielles et mouvantes. Les parents peuvent être mariés, pacsés, en union libre, séparés, seuls ou recasés. Les familles sont parfois homoparentales, monoparentales ou recomposées. Si les parents sont en moyenne plus âgés, la grossesse continue de survenir chez des adolescentes. Et les parents sont aussi plus souvent biactifs, parfois «working poors», de conditions socio-économiques diverses et d’horizons culturels variés. Nous écouterons tout à l’heure plusieurs interventions très pertinentes sur les problématiques des nouvelles configurations familiales, de la situation de vie des parents, des adolescentes enceintes et de la parentalité des couples mixtes.

Nous les écouterons même avec grande attention, car nous avons beaucoup à apprendre. En effet, cette parentalité au visage multicolore, cette «parentalité arc-en-ciel», nous pose un vrai défi. Car ces différents parents, ces différentes familles n’ont pas tous et toutes les mêmes besoins en matière d’accompagnement. A nous donc de nous adapter, d’être à l’écoute, de faire preuve de créativité et même de souplesse.

Si l’on ajoute à cette diversité celle des valeurs, qui ne sont plus déterminées collectivement – par l’école, par l’église ou autre – mais que chacun, chacune se bricole pour soi, on mesure mieux l’exigence de qualité qui s’impose aux sages-femmes. Au-delà de nos compétences techniques et médicales -qui restent bien sûr pointues et fondamentales-, nous devons être à même d’offrir une écoute humaine, professionnelle et adéquate pour chaque cas. Ce travail est aussi passionnant qu’il est exigeant et essentiel.

C’est pourquoi nous voulons que notre profession soit mieux reconnue dans ses spécificités, son autonomie et sa qualité. C’est pourquoi nous demandons, entre autres, la possibilité d’augmenter nos tarifs, de négocier de nouvelles prestations, de former des effectifs suffisants dans des filières de haut niveau et de créer de nouvelles structures ambulatoires.

Car après tout, ce que vous faites, chères collègues, ce que nous faisons toutes dans l’exercice de notre métier, est d’une grande importance. En cheminant avec les parents autour de la naissance, nous ne faisons rien de moins que d’accompagner celles et ceux qui accompagneront les générations de demain… Je vous souhaite bonne suite dans ce métier d’avenir, et une belle journée aujourd’hui!

20 mai 2010 - congres de la federation suisse des sages-femmes

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