Remboursement des prestations de pédicure-podologue pour les diabétiques

Texte déposé

Le Conseil fédéral est prié d'intégrer les pédicures-podologues à la liste des personnes et organismes habilités à fournir des soins aux diabétiques et, de ce fait, remboursés par les assurances.

Développement

La Commission fédérale des prestations générales de l'assurance-maladie a défini, le 8 juin 1995, les critères qu'elle entendait appliquer pour décider d'entrer en matière ou non sur une demande de reconnaissance. Figure, parmi ceux-ci, l'exigence que la profession présente un solide profil professionnel et qu'une formation de plusieurs années, au moins trois ans en règle générale, dispensée dans une école reconnue par les cantons ou la Confédération, y conduise.
Les pédicures suivent, à Genève en tout cas, une formation de 3 ans, leur école est reconnue par le canton et ils sont habilités à fournir des soins aux diabétiques. Pour ses membres qui n'auraient pas une formation suffisante dans ce domaine, l'Union des associations romandes de pédicure-podologues a mis sur pied un stage de spécialisation de podo-diabétologie. Dans l'exercice de cette activité, ils contribuent à diminuer, chez les patients diabétiques, le taux d'amputation et de lésions de pieds, lésions qui contribuent pour une part importante aux frais de la santé.
Or, à l'heure actuelle, s'ils veulent être remboursés par les assurances maladie, la seule possibilité pour les pédicures-podologues est de travailler au sein d'un organisme de soins et d'aide à domicile ou d'un établissement médicosocial. Tous ceux qui exercent leur profession à titre indépendant ne sont pas remboursés alors même que, selon l'ordonnance sur les prestations de l'assurance des soins du 29 septembre 1995 (art. 7 al. 2 let. b et c; OPAS), les soins pédicures pour les diabétiques, dont la coupe des ongles fait partie, sont une prestation obligatoire.
Les infirmiers qui sont, dès lors, les seuls professionnels de la santé à être remboursés pour les prestations pédicures aux personnes diabétiques, ne s'opposent pas à la reconnaissance des pédicures-podologues pour ce type de prestations, conscients qu'ils sont de la formation spécifique dont ceux-ci ont bénéficié. C'est ainsi, par exemple, que la section genevoise de l'Association suisse des infirmiers a d'ores et déjà affirmé son soutien à l'Association des pédicures et podologues.
En acceptant d'intégrer ces derniers à la liste des personnes habilitées à fournir des soins pédicures aux personnes diabétiques, le Conseil fédéral ne fera qu'utiliser au mieux les compétences acquises par ce corps professionnel au bénéfice de la population diabétique.

Prise de position du Conseil fédéral 30-11-1998

Le Conseil fédéral tient à souligner d'emblée que, comme la motionnaire, le Département fédéral de l'intérieur a reconnu dès l'entrée en vigueur de la loi sur l'assurance-maladie l'importance des soins pédicures pour les diabétiques, puisqu'ils figurent dans les prestations prises en charge par l'assurance-maladie obligatoire définies à l'article 7 alinéa 2 lettre b chiffre 10 OPAS. Ils sont en effet remboursés lorsqu'ils sont effectués par des infirmières et infirmiers ou par une organisation de soins à domicile ou lorsqu'ils sont prodigués dans un établissement médicosocial.
La Commission fédérale des prestations générales de l'assurance-maladie a conseillé, en mai 1998, de ne pas reconnaître les pédicures-podologues comme des prestataires à titre indépendant de l'assurance-maladie sociale, comme le demandait le Conseil de l'Union des Associations romandes de pédicure-podologues. Bien que leur formation réponde aux critères fixés et rappelés par la motionnaire, la Commission a appliqué un principe qu'elle a établi pour l'examen de l'admission de tout nouveau prestataire: celui de n'intégrer une nouvelle profession que lorsque la prestation n'est pas fournie par des professionnels compétents déjà admis. Elle a donc estimé qu'il n'était pas nécessaire d'intégrer une nouvelle profession puisque la prestation peut être fournie aux assurés par des infirmières et infirmiers et que, de plus, les pédicures-podologues peuvent exercer dans une organisation de soins à domicile ou dans un établissement médicosocial. C'est cette garantie que les personnes atteintes de diabète reçoivent les soins nécessaires qui permet au Conseil fédéral de ne pas souhaiter revenir sur cette décision.

Déclaration du Conseil fédéral 30-11-1998
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.

Chronologie:
21-03-2000 CN Rejet.

08 octobre 1998 - Motion - 98.3481

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