Interruptions de grossesse. Des statistiques pour toute la Suisse

Texte déposé

Le Conseil fédéral peut-il dire comment il compte organiser une statistique en matière d'interruption de grossesse qui permette, en connaissance de cause, de mener une action préventive la plus efficace possible, conformément à la volonté exprimée tout au long des débats parlementaires et de la campagne de votation référendaire?

Développement

Le Parlement puis le peuple suisse ont accepté il y a près d'une année la dépénalisation de l'interruption de grossesse au cours de ses douze premières semaines. Pour tenter de prévenir autant que possible le recours à l'interruption de grossesse, l'article 119 alinéa 5 du Code pénal prévoit la nécessité de tenir des statistiques dans ce domaine.
Dans une motion du 3 juin 2002 (02.3221, Soutien aux centres de consultation en matière de grossesse et aux offices de consultation familiale), Mme Meier-Schatz demandait notamment au Conseil fédéral "qu'une statistique fiable soit établie dans ce domaine". Le Conseil fédéral, arguant du fait que les cantons sont compétents en la matière, a déclaré dans sa réponse à la motion envisager "d'émettre à moyen terme les lignes directrices nécessaires à l'établissement d'une statistique fédérale" et a proposé de transformer en postulat cette demande de l'auteur de la motion. Depuis lors, la motion n'a pas été traitée au plenum et, au vu de la quantité d'objets en attente de traitement par le Conseil national, il y a malheureusement fort à craindre qu'elle ne le soit pas dans les deux ans qui permettraient sa prise en compte.
Dans l'intervalle, sur le terrain, les cantons ont mis en place la récolte de statistiques prévue par la loi, mais la coordination n'est pas optimale puisque toutes les données ne sont pas forcément récoltées de manière similaire. Dans un domaine aussi sensible que celui-là, il semble pourtant indispensable que tous les cantons procèdent, à quelques nuances près, de la même manière et surtout que ces statistiques soient ensuite rassemblées au niveau fédéral pour permettre d'améliorer la prévention et l'information dans ce domaine, ce qui ne peut se faire que sur l'ensemble du pays ou, en tout cas, pour les différentes régions linguistiques. L'Observatoire de la santé serait probablement le mieux placé pour remplir cette tâche si on voulait bien lui en donner le mandat, concrétisant par là la volonté politique exprimée tout au long des débats parlementaires et lors de la campagne référendaire.

Réponse du Conseil fédéral 21-05-2003

Dans sa réponse aux motions Meier-Schatz 02.3221 et Simoneschi 02.3222, le Conseil fédéral s'était déclaré prêt à apporter à moyen terme une aide technique aux cantons et à coordonner leurs efforts lors de la saisie de données statistiques sur les interruptions de grossesse. Une étude sur la santé en matière de sexualité et de procréation, réalisée sur mandat du Conseil fédéral à la suite du postulat Genner (00.3364, Santé publique. Améliorer l'information sexuelle), analyse entre autres les lacunes qui existent en matière de collecte de données statistiques dans le domaine des interruptions de grossesse et des maladies sexuellement transmissibles. Le rapport établi en réponse au postulat précité sera présenté au Conseil fédéral au milieu de l'année 2003.
Jusqu'à présent, aucune mesure n'a toutefois été prise dans le domaine de la statistique des interruptions de grossesse, les statistiques de la santé étant confrontées à des exigences croissantes, des points de vue tant quantitatif que qualitatif. Il a fallu par ailleurs renoncer à divers projets statistiques, prévus par le législateur, à cause du frein à l'endettement.
Le Conseil fédéral part du principe qu'entre-temps, plusieurs cantons ont dû commencer à collecter des données sur les interruptions de grossesse, en application de l'article 119 alinéa 5 CP (RS 311.0), données qui pourraient être utilisées à des fins préventives. Il est souhaitable qu'une telle collecte soit harmonisée à l'échelon national si l'on veut suivre ce phénomène dans l'ensemble du pays (fréquence, motifs, raisons et conditions générales des interruptions de grossesse). Pour la prévention, en revanche, il est utile de recueillir aussi des informations sur les particularités locales.
A l'avenir, l'établissement d'une statistique sur les interruptions de grossesse au niveau national pourrait être organisé de la manière suivante: à partir des données collectées à l'heure actuelle par les cantons, on pourrait définir un ensemble de données clés à relever désormais par tous les cantons sous une forme standardisée. Outre des caractères sociodémographiques et des données sur l'environnement social et les conditions de vie des personnes concernées, il faudrait relever des caractères qui sont aussi enregistrés dans le cadre de la statistique des naissances pour pouvoir procéder notamment à des comparaisons transversales. Le Conseil fédéral formulera une proposition dans ce sens et la soumettra aux cantons et aux autres milieux intéressés afin de recueillir leur avis à ce sujet.
Pour que la collecte des données soit la plus simple et la plus efficace possible, il faudra mettre à la disposition des autorités cantonales chargées des affaires sanitaires un système informatisé. Les cabinets médicaux et les hôpitaux devront pouvoir utiliser ce système pour communiquer les cas d'interruption de grossesse. Pour assurer le transfert des données entre ces services et les autorités fédérales via les cantons, on pourra avoir recours à des moyens logistiques qui sont utilisés pour d'autres relevés, notamment pour la statistique des hôpitaux.
Dans le cadre du prochain programme pluriannuel de la Statistique fédérale (2004-2007), des efforts seront entrepris pour réaliser davantage de tâches prioritaires, en dépit des restrictions budgétaires (programme d'allègement), grâce à une intensification de la coopération et à une optimisation des structures. Dans l'intervalle, l'OFS réunira les données collectées par les cantons, en vue de les exploiter ultérieurement.

Déclaration auteur/auteurs : partiellement satisfait

Chronologie:
20-06-2003 CN La discussion est reportée.

20 mars 2003 - Interpellation - 03.3095

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