1989-90: première citoyenne de la commune

Présidence du conseil municipal de Veyrier

Voici un article dans lequel je résume mes priorités:

"Une année à la présidence du Conseil municipal. En guise de bilan...

J'ai eu le privilège d'occuper, pendant une année, le poste de présidente du Conseil municipal. Ce n'est pourtant pas cela qui m'a le plus réjoui, mais bien plutôt le fait qu'il s'agit là de la première présidence accordée à un conseiller municipal socialiste.

Après presque vingt ans de présence au sein du parlement communal, l'opposition que nous représentons s'est enfin vu reconnaître par les partis de l'entente une place qui ne soit pas un strapontin. C'est là un pas important vers le bon fonctionnement d'une démocratie souvent faussée par le jeu des alliances électorales. C'est aussi la reconnaissance de nos électeurs comme citoyens à part entière, dont les représentants ont accès, comme les autres, aux postes à responsabilités.

Il faudra cependant encore attendre pour qu'une juste répartition de tous les postes de présidents et de rapporteurs soit effective, sans oublier un seul groupe, aussi éloigné de nos idées soit-il. Il faudra également du temps pour que le respect des idées et des personnes soit une notion largement reconnue, car, si certain joumal local se félicitait l'automne dernier de mon élection, il convient de rappeler qu'elle a constitué une autre grande première à Veyrier: celle d'un président du Conseil municipal élu par plus de "non" et d'abstentions que de "oui". Vous avez dit ouverture ?!

Si j'essaie maintenant de définir mes priorités au cours de cette année et de mes 7 ans de présence au Conseil municipal, je dirai qu'elles sont de deux ordres: le fonctionnement interne du Conseil municipal d'une part, la représentativité des autorités communales d'autre part.

En ce qui concerne le fonctionnement du Conseil municipal, je n'accepterai jamais que quelqu'un, à cause des idées qu'il défend ou de la manière dont il les expose, soit exclu, méprisé ou attaqué personnellement. Un des droits fondamentaux de l'être humain est le respect qu'il doit inspirer et je souhaite que les débats politiques communaux s'en inspirent toujours davantage.

Un autre de mes soucis est la représentativité des autorités communales, en particulier pour ce qui est de la présence féminine au sein de nos institutions. En effet, sur 21 conseillers/ières municipaux/ales, 5 seulement sont des femmes, dont 3 socialistes (que font donc les autres partis?), soit un tout petit quart alors que les femmes constituent plus de la moitié de la population.

Je souhaite que tout soit mis en oeuvre (horaires des séances par exemple) pour que les mères de famille, tout comme les pères d'ailleurs, puissent concilier leurs tâches éducatives avec un engagement dont toute la communauté bénéficiera. Je lance un appel pour que vous toutes, Mesdames, vous vous sentiez concernées par la vie locale et que vous participiez aux prises de décision qui influencent notre vie à tous.

Sur un plan plus général enfin, je souhaite que Veyrier offre, à ses communiers certes, mais aussi, en cette période de très grave crise du logement, à des demandeurs du canton et d'ailleurs, des possibilités de logements à des prix abordables (donc subventionnés).
Notre commune a le privilège d'être plus riche que la moyenne des communes genevoises. Elle est en outre fort bien située, à proximité des places de travail, bien desservie par les transports publics, dans un environnement que nous nous efforçons de préserver.

Ces chances-là, nous pouvons les partager et offrir à notre commune un développement harmonieux et maîtrisé, en construisant par exemple de petits immeubles sur une partie de la zone villas encore disponible et en réalisant au fur et à mesure les équipements nécessaires à notre population (écoles, maisons de retraite, réseau routier à la mesure de tous ses usagers, crèche, centre de loisirs, ...) sans toucher à la zone agricole.

A l'image d'une famille qui s'agrandit, où chaque nouvel enfant est une chance et une richesse, une possibilité de rencontre et de relations, notre commune a tout à gagner à une telle ouverture.

C'est ainsi qu'il fait bon vivre à Veyrier et qu'il y fera bon vivre encore longtemps."

"La lucarne", bulletin de la section socialiste de Veyrier, juin 1990, n°15