votations du 1er juin:
sous les jolis mots, de grands maux!

Qui oserait s’opposer à «un système de soins plus efficace et de meilleure qualité»? Ou se prononcer contre des «naturalisations démocratiques»? Pourtant, les jolis mots mis sur les objets soumis au vote le 1er juin cachent de violentes attaques contre la dignité humaine.

Article sur la santé: n’avalons pas la pilule!

L’article constitutionnel sur la santé s’intitulerait plus justement«pour un système de soins qui coûte moins cher aux assureurs et plus cher aux assuré-e-s.» Ce projet vise à placer notre système de santé sous perfusion des seules caisses maladie. Son joli titre et les tentatives du Conseil fédéral d’en minimiser la portée ne font que masquer la vérité: ce contre-projet à une initiative UDC désormais retirée est un véritable poison.

La seule liberté qu’il favorise, c’est celle des assureurs: leur liberté de contracter signifiera, pour les patient-e-s, la fin du libre choix du médecin. Et les seuls coûts que ce projet diminue, ce sont ceux des caisses: dans leur intérêt propre, celles-ci pourront réduire les prestations de base (exit les soins réguliers!), ne contracter qu’avec les médecins qui rapportent (adieu les patients trop chers!), augmenter les franchises, les quotes-parts, et gérer comme bon leur semble huit milliards annuels de subventions cantonales financées par nos impôts.

Ce n’est pas un hasard si médecins et professionnel-le-s de la santé, patient-e-s et organisations de tous bords s’opposent à ce projet. Son effet secondaire principal: l’instauration d’une médecine à deux vitesses, au détriment des personnes âgées, des malades chroniques et de tou-te-s celles et ceux qui n’auront pas les moyens de s’acheter une santé.

NON aux naturalisations par les tripes!

Après l’arbitraire des caisses, celui des préjugés. L’initiative de l’UDC devrait s’appeler «pour des naturalisations discriminatoires»: elle ouvre la porte à des naturalisations à la tête du client, sur fond de scandales et de rumeurs. On se souvient d’Emmen, dont les citoyen-ne-s avaient recalé l’ensemble des candidat-e-s originaires des pays de l’ex-Yougoslavie. Le Tribunal fédéral avait annulé ces décisions et déclaré les naturalisations par le peuple contraires à la Constitution.

L’initiative entend rétablir la naturalisation par les urnes et priver les personnes concernées de toute possibilité de recours: les prétendant-e-s au passeport suisse devront jeter en pâture leur vie privée au peuple et se soumettre sans broncher à la décision finale. Une situation contraire aux droits fondamentaux ancrés dans notre Constitution et dans le droit international. Les cantons romands l’ont bien compris: à Genève, par exemple, c’est le Conseil d’Etat qui accorde le droit de cité cantonal. Parce que nous ne sommes pas des animaux, les décisions de naturalisation ne doivent pas être soumises à nos plus bas instincts: il s’agit, comme pour la santé, de prévenir des souffrances humaines, dans le respect de la solidarité et de la responsabilité.

mai 2008 - l'actualite de vernier

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