Le statut d'être humain est universel:
2x non le 24 septembre!

Bien sûr, la présence des socialistes genevois au sein du comité de soutien au double référendum contre les révisions des lois sur l'asile et les étrangers n'est pas une surprise. Il serait toutefois faux de la réduire à un référendum de plus, sur un sujet attendu, lancé comme par habitude ou par réflexe.

Et ma présence sur la liste des personnalités signataires de l'appel genevois à voter 2 x non le 24 septembre prochain, au-delà des clivages politiques, aux côtés de personnes qui se sont engagées dans des domaines d'activités très divers, est vraiment la manifestation de ma conviction profonde, celle d'appartenir à une humanité indivisible, dont les membres ne sont pas plus ou moins humains, plus ou moins dignes de protection, plus ou moins redevables de la Constitution fédérale, disposant de droits à géométrie variable selon leur origine ou la raison de leur séjour en Suisse.

Le durcissement des lois sur l'asile et les étrangers, tel qu'il a été accepté par la majorité du parlement, s'inscrit dans le droit fil d'un changement fondamental de paradigme qui conduit à la destruction de la cohésion sociale qui a permis à la Suisse de se créer � justement sur la base du principe de solidarité éminemment contenu dans la devise « Un pour tous, tous pour un » - et de se développer au fil des siècles.

En effet, on a commencé par stigmatiser les personnes étrangères et les requérant-e-s d'asile, puis ce sont les personnes au chômage ou handicapées qui ont été montrées du doigt, bien sûr d'abord seulement sous l'angle des abus, mais en finissant par faire rejaillir l'opprobre sur l'ensemble de ces catégories. A ce rythme-là, il y a fort à parier que ce sera bientôt au tour des personnes âgées avant de voir vraiment la loi du chacun pour soi l'emporter définitivement. Mais ce n'est pas de cette Suisse-là que je veux !

Toutes proportions gardées, les décisions prises par la majorité du parlement sous-entendent des atteintes à la tradition d'accueil de notre pays et au respect de la dignité humaine qui ne sont pas sans nous rappeler les termes de la controverse de Valladolid, quand les tenants de la colonisation et de l'esclavage les justifiaient par le soi-disant caractère inférieur des Indiens et la mise en doute de leur nature humaine. Fort heureusement, en 1550, ce sont les tenants d'un principe d'humanité universelle qui ont fini par l'emporter. Il faut espérer que les citoyen-ne-s suisses du début du 21 e siècle ne se laisseront pas emporter par les sirènes du repli et du retour à l'obscurantisme et refuseront, le 24 septembre, les révisions des lois sur l'asile et les étrangers.

 

2 juin 2006 - Discours de lancement de la campagne du comité genevois de soutien au double référendum contre les lois sur l'asile et les étrangers

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