Conditions d'accueil des requérants pendant l'hiver

Texte déposé

Les quatre centres d'enregistrement de requérants d'asile (CERA) ont été fermés administrativement aux nouvelles demandes d'asile du 24 au 30 décembre 1996 et du 31 décembre 1996 au 5 janvier 1997.
Le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes:
1. Comment, quand et à qui l'Office fédéral des réfugiés a-t-il annoncé la fermeture des CERA pendant ces périodes particulièrement longues, afin de permettre une prise en charge adéquate des requérants et requérantes d'asile se présentant pendant cette période?
2. Une température négative - de jour comme de nuit - et/ou des chutes de neige abondantes ne sont-elles pas à considérer comme des circonstances propres à inclure tous les requérants d'asile dans la catégorie des cas de rigueur?
3. Combien de personnes se sont-elles ainsi trouvées à la rue pendant ces périodes de fermeture administrative des différents CERA? Comment et par qui ont-elles été prises en charge pendant ce temps?
Enfin, le Conseil fédéral est prié de nous dire s'il trouve normal que plusieurs dizaines de personnes (une quarantaine pour le seul centre d'enregistrement de Genève) aient été contraintes de passer plusieurs jours livrées à elles-mêmes ou à la générosité de services privés ou de bénévoles, dans des conditions climatiques particulièrement difficiles, alors qu'il y aurait eu de la place dans les CERA et qu'on aurait pu, sans peine, procéder à leur enregistrement dès la fin des périodes de congé administratif.

Développement

L'ordonnance 1 du 22 mai 1991 sur l'asile relative à la procédure fait obligation aux étrangers non titulaires d'une autorisation de séjour de présenter leur demande d'asile à un centre d'enregistrement.
La directive relative à la loi du 22 février 1993 sur l'asile sur l'enregistrement des demandes d'asile en Suisse (Asile 21.1.) précise encore que "si ce délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié, il doit être prolongé jusqu'au prochain jour ouvrable".
Or, les CERA ont été fermés aux nouvelles demandes du 24 décembre 1996 après-midi au 29 décembre 1996 inclus et du 31 décembre 1996 au 5 janvier 1997 inclus, alors qu'il y avait, parmi ces jours, des jours ouvrables.
Le problème n'est cependant pas réglementaire, mais d'abord et surtout humain, dans la mesure où, durant cette période, la Suisse a connu, comme le reste de l'Europe, une période de grand froid. Les températures étaient ainsi toujours bien en dessous de zéro degré et, à Genève en tout cas, une importante couche de neige a recouvert la ville en permanence.
Pendant ce temps, on a beaucoup entendu parler des sans domicile fixe et de nombreux appels à la solidarité se sont fait entendre. Cela n'a malheureusement pas empêché plusieurs dizaines de personnes de mourir de froid.
Les requérants d'asile - on ne devrait pas avoir à le redire - sont des êtres humains. Il n'est pas normal que, en réponse à une demande d'asile - donc un appel à l'aide, un appel au secours -, les autorités suisses se retranchent derrière d'aveugles règlements pour refuser cette aide à des gens dans des conditions particulièrement difficiles, laissant les organismes privés pallier aux insuffisances des services publics.
De plus, à Genève en tout cas, ces organismes privés, en l'occurrence l'Aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d'asile (AGORA), qui gère une permanence d'accueil dans les environs immédiats du CERA, n'ont eu connaissance des horaires d'ouverture du CERA que le 18 décembre 1996, soit très peu de temps avant la période de fermeture et suite à leur demande de renseignements. Les autorités genevoises n'ont, semble-t-il, pas non plus été prévenues de cette longue période de vacances. A tout le moins, une meilleure information et plus de coordination seraient éminemment souhaitables à l'avenir.

Réponse du Conseil fédéral 02-06-1997

Depuis le 1er janvier 1988, date de leur mise en service, les CERA n'ont été ouverts que du lundi au vendredi, à l'exception des jours fériés. Il n'est donc pas nouveau que les requérants d'asile ne puissent pas entrer dans les CERA durant les fêtes. C'est dès lors en toute logique que l'Office fédéral des réfugiés n'a pas informé les autorités des cantons concernés. Il sied encore de relever que la quasi-totalité des administrations cantonales ont été fermées du 24 décembre 1996 au 5 janvier 1997, ce qui a empêché les départs à destination des cantons d'attribution.
En ce qui concerne le 27 décembre 1996 et le 3 janvier 1997, ces deux jours ont été décrétés jours de congé par le Conseil fédéral et ont dû être compensés par des vacances ou par le solde actif du temps de travail. C'est pourquoi il en a résulté une diminution des jours d'ouverture des CERA. Toutefois, la loge des CERA est desservie 24 heures sur 24; il est donc possible d'accueillir les cas de rigueur si besoin est.
Durant cette période, comme à l'accoutumée, la procédure d'accueil mise en place pour les week-ends et les jours fériés a été appliquée. 84 personnes se sont présentées dans les quatre CERA (63 à Genève, 5 à Bâle, 16 à Kreuzlingen et 0 à Chiasso). 49 personnes ont été invitées à se présenter durant les heures d'ouverture (36 à Genève, 3 à Bâle et 10 à Kreuzlingen). En revanche, 35 personnes ont été autorisées à entrer dans les CERA au titre de cas de rigueur (27 à Genève, 2 à Bâle et 6 à Kreuzlingen). Les premières citées ont été prises en charge par des parents, des connaissances ou, notamment à Genève, par des organismes caritatifs.
Afin d'améliorer la coordination de l'accueil des requérants durant les jours fériés, l'Office fédéral des réfugiés veillera, à l'avenir, à informer assez tôt les cantons concernés des modalités de fermeture des CERA durant les périodes de fêtes.

Déclaration auteur/auteurs: partiellement satisfait

Chronologie:
20-06-1997 CN La discussion est reportée.
19-03-1999 En suspens depuis plus de deux ans; classement.

04 mars 1997 - Interpellation - 97.3043

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