Amnesty International, bus contre la torture
Peut-être que certain-e-s d'entre vous le savent, j'exerce la profession de sage-femme et cela m'amène régulièrement à accompagner des parents et des bébés et à assister ainsi non pas aux « premiers pas » mais au premier souffle d'un être humain. En chacun de ces nouveaux-nés se trouve la promesse de son avenir. Quels que soient son sexe, sa race, son milieu social, la famille dans laquelle il voit le jour, chacun-e de ces bébés est à la fois un-e parmi ces milliards d'êtres humains, comme une parcelle d'humanité, et à la fois pleinement humain, être unique, semblable à aucun autre, porté à devenir lui-même, selon les circonstances, les événements, la génétique ou la providence.
A mes yeux, la torture est la négation même de cette humanité symbolisée par un nouveau-né. Qu'elle soit le fait d'un Etat de droit ou de fait, d'un groupement politique, religieux ou armé, qu'elle soit physique ou psychique, qu'elle s'exerce dans le contexte d'une guerre ou de la lutte contre le terrorisme, elle vise à la destruction de la personne qui en est la victime et réduit celle qui la pratique à l'état d'infra-humain.
Quelle que soit son histoire – lors de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie ou pendant les guerres civiles du Chili ou d'Argentine -, quelle que soit sa géographie dans le temps présent – en Chine ou en Tchétchénie -, quelles que soient sa forme et son intensité, la torture est non seulement contraire aux droits humains mais elle constitue, de plus, une atteinte à l'humanité, un risque pour des êtres humains donc pour nos proches, pour nous-mêmes et pour notre avenir.
Alors, plutôt que de rester bras croisés, impuissant-e-s, inutiles, nous avons la possibilité d'agir, grâce à l'action d'Amnesty International, avec des moyens limités peut-être mais qui ont fait leurs preuves. Nous pouvons ainsi montrer à nos gouvernements que nous surveillons ce qui se passe dans nos pays. Nous pouvons, notamment par des campagnes de lettres, signifier aux gouvernements étrangers que ce qu'ils font ne laisse pas l'opinion publique internationale indifférente, nous pouvons même nous préoccuper du sort de personnes précises qui seront, par là-même, protégées de la torture.
Le fait que le bus d'Amnesty International sillonne la Suisse tout au long de cette année contre la torture doit donner l'occasion à un grand nombre de personnes de faire ce petit quelque chose à la portée de chacun-e pour faire grandir l'humanité et protéger ainsi, indirectement, toutes celles et ceux que nous aimons, tous les nouveaux-nés de la terre.
Avec les parlementaires fédéraux de tous les partis qui sont membres du groupe parlementaire contre la torture, je vous invite à monter dans le bus, à envoyer des fax et des lettres et à participer à cette action essentielle contre la torture.



