Pour
une plus grande participation des femmes
à la vie politique
Motion
Très attachée à
une démocratie vivante qui ne trouve sa
réalisation que dans une participation
pleine et entière des citoyennes et des
citoyens à la vie politique, je suis très
inquiète de l'évolution négative
de la participation des femmes aux dernières
élections, mise en évidence par
les résultats d'une récente étude.
Je prie dès lors le Conseil fédéral de
lancer une campagne de sensibilisation à
l'égard des femmes afin de promouvoir leur
participation aux prochaines lors des prochaines
échéances électorales.
Développement
L'étude Swiss electoral studies � selects a récemment démontré que les femmes se désintéressent de plus en plus de la politique. En effet, l'écart entre la participation des hommes et celle des femmes augmente de manière significative depuis 1995. Ainsi, en 1995, cette différence était de 8% alors qu'elle s'élevait à 16% en 2003.
Dans les pays voisins, cette différence diminue. Ainsi, en Allemagne, lors des dernières élections législatives, la différence entre la participation des hommes et des femmes ne s'élevait plus qu'à 0,4%..
Si, dans notre pays, on peut comprendre que les femmes les plus âgées ne participent pas activement aux élections parce qu'elles n'ont bénéficié du droit de vote qu'à partir de 1971, la plus faible participation des jeunes femmes est malheureusement également avérée.
Les raisons du désintérêt des femmes pour la vie politique sont certainement diverses : transmission aux enfants de l'idée que la politique est une affaire d'hommes, insuffisance de modèles auxquels s'identifier, plus faible présence médiatique des femmes politiques, image négative de la politique, etc. Dans ce contexte, le rôle joué par les médias est très important, notamment pour les médias qui remplissent une fonction de service public.
Mais la multiplicité des causes ne doit pas nous empêcher d'agir contre ce qui met en danger l'expression d'une démocratie pleine et entière. L'Union Interparlementaire, dans son rapport annuel sur la situation des femmes élues dans tous les parlements du monde, parle d'une démocratie inachevée. De ce point de vue, la Suisse n'a effectivement pas réussi à achever la construction de sa démocratie puisqu'elle ne compte que 24% d'élues au parlement fédéral (25% au Conseil national et 23,9% au Conseil des Etats). Mais la diminution de la participation des femmes aux élections représente un nouveau danger auquel nous devons réagir au plus vite sous peine de voir cette démocratie non seulement inachevée mais en voie de déliquescence.



