Une réforme équilibrée pour l'avenir de nos retraites

Mardi 01 Août 2017
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Socialistes n°87
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La réforme « Prévoyance vieillesse 2020 » garantit le financement des retraites et, en renforçant l’AVS, solidifie le socle même de notre sécurité sociale.

Le système des retraites en Suisse est LE grand acquis social des travailleuses et travailleurs. Son premier pilier, l’AVS, en est la pièce maîtresse et la plus solidaire : millionnaires et bas salaires cotisent selon leurs capacités, mais les rentes sont plafonnées. Or, la santé financière de ce système est menacée par des changements démographiques sans précédents, à commencer par le départ imminent à la retraite des générations du baby-boom. S’y ajoutent une espérance de vie plus forte et des rendements de capitaux plus faibles. Conséquence : l’AVS risque un déficit d’environ 7 milliards de francs en 2030. Et dans la partie surobligatoire du 2ème pilier, la plupart des grandes caisses de pension ont déjà abaissé les rentes. 

Dans ce contexte, Prévoyance 2020 garantit le financement des retraites jusqu’en 2030, grâce à une modeste augmentation de la TVA. Elle maintient le niveau global des rentes, tout en apportant une hausse historique des rentes AVS : la baisse du taux de conversion dans le 2ème pilier, due à la situation des marchés et concernant seulement les futur·e·s retraité·e·s, sera ainsi compensée dans les deux premiers piliers. Dans le second, la couverture du temps partiel, des bas salaires, des chômeuses et chômeurs âgés sera améliorée. Et dans le premier, les nouvelles rentes AVS seront augmentées de 840 francs par an, jusqu’à 2’712 francs pour les couples. Ce supplément sera financé par celles et ceux qui en bénéficieront - les futur·e·s retraité·e·s -, par le biais d’un léger relèvement des cotisations employé·e-employeur.

En outre, il sera possible de prendre une retraite à temps partiel en touchant une partie de sa rente, mais aussi d’anticiper sa retraite dès 62 ans en subissant une réduction moindre qu’aujourd’hui. Ceci permettra aux femmes qui gagnent jusqu’à 40’000 francs par an de continuer à prendre leur retraite à 64 ans sans réduction de rentes. Les femmes, dont un demi-million ne touchent qu’une rente AVS et dont les rentes LPP sont inférieures à celles des hommes, bénéficieront particulièrement de la hausse des rentes du premier pilier et de l’abaissement du seuil d’accès au second. Le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite des femmes – point contestable et contesté de cette réforme – sera ainsi contrebalancé.

Cette réforme est la meilleure solution possible dans le contexte actuel. On sait avec quelle difficulté le Conseil des États a obtenu ce projet de compromis, qui évite les démantèlements voulus par la droite. Contrairement aux précédents projets de réforme, celui-ci est équilibré. Et surtout, il propose des solutions au lieu d’ouvrir la voie au pire. Car sans réforme, les caisses de pension devraient puiser dans les réserves constituées par les jeunes assuré·e·s pour financer les rentes de la prévoyance obligatoire. Et l’AVS serait conduite à un sous-financement patent, rouvrant la porte à la retraite à 67 ans.

Bref, ce paquet est le meilleur cadeau possible pour les travailleuses et travailleurs de ce pays. Souvenons-nous en au moment de voter le 24 septembre ! Et gageons qu’en brisant le tabou de la hausse des rentes AVS, cette réforme ouvrira la porte à des augmentations futures, pour que chacun·e, en Suisse, puisse vivre une retraite digne.