Un printemps qui dure plus qu'une saison
Le statut de partenaire pour la démocratie n’est pas un certificat que le Conseil de l’Europe délivrerait à des pays non membres pour attester de leurs bons résultats en la matière. Le statut de partenaire pour la démocratie n’est pas un diplôme que l’on exhiberait pour montrer qu’on est un bon élève, qui a fait tout juste, non !
Comme son nom l’indique, le partenariat pour la démocratie engage les deux parties – ici l’Assemblée parlementaire et le Maroc, et plus particulièrement son parlement – à travailler ensemble pour mettre en œuvre les principes de la démocratie, les droits humains et l’Etat de droit.
Mais nous devons, pour cela, pour savoir ce qu’il faut développer, ce qu’il faut améliorer, commencer par faire un état des lieux.
Le Maroc est encore – même si de récents signes encourageants peuvent nous faire espérer que cela devrait pouvoir changer bientôt – une monarchie de droit divin dans laquelle une personne non élue exerce presque tous les pouvoirs, dont celui de désigner les juges ou de proposer une nouvelle constitution ! Un pays dans lequel un certain nombre de droits fondamentaux – libertés d’expression, d’association et de réunion, notamment – ne sont pas garantis, comme le rappelle le rapport 2010 d’Amnesty International, sans même parler du droit à la vie – avec la peine de mort – ni de l’égalité entre les sexes.
N’oublions pas non plus, au moment de dresser un tableau de la situation, le Sahara occidental, qui figure depuis 1975 déjà, sur la liste de l’ONU des territoires non autonomes dont le peuple doit bénéficier du droit à l’autodétermination.
Voilà le constat qui est loin d’être rose.
Qu’on me comprenne bien : la démocratie n’est sans doute pas parfaite en Europe, elle ne l’est pas non plus dans mon pays et je m’y bats pour la faire progresser, comme je veux le faire pour le Maroc.
Alors oui, ensemble, parlementaires des pays membres du Conseil de l’Europe et parlementaires marocains, nous avons fort à faire pour pallier ces importantes lacunes dans la mise en œuvre de la démocratie et pour garantir les droits humains.
A nous, parlementaires d’Europe, de vous accompagner, de vous encourager, de vous soutenir et de partager nos expériences avec vous.
A vous, parlementaires marocains, d’affronter courageusement tous ces défis, sans mauvaise foi, sans langue de bois, sans tabou et d’apporter les changements indispensables.
C’est à ces conditions et à ces conditions seulement que ce partenariat pour la démocratie tiendra ses promesses et que nous pourrons répondre aux attentes du peuple marocain, du peuple sahraoui et de nos peuples européens, tous soucieux de vivre un printemps qui dure plus qu’une saison !