Pour une société qui accueille ses enfants

Samedi 18 Septembre 2010
Type d'activité: 
discours/exposé
Source: 
Journées cantonales de l'accueil familial de jour

Formule de garde qui n’est, à mes yeux, ni meilleure ni moins bonne mais simplement complémentaire à l’accueil institutionnel, l’accueil familial de jour « organisé » contribue à concilier profession et famille de deux manières. D’un côté, cette forme d’accueil permet aux parents qui ont recours à elle de mener de front leur activité professionnelle et leur vie familiale, ce d’autant plus qu’elle offre une certaine souplesse-horaire. Et, de l’autre côté, la prise en charge proposée par ces familles de jour concilie en elle-même profession et famille. Je m’explique : cette prise en charge a, de plus en plus, toutes les caractéristiques de ce qui est une véritable activité professionnelle, à savoir le contrat, la rémunération – qui, soit dit en passant, mérite d’être augmentée ! – a la couverture sociale et la formation, mais aussi les compétences, la qualité et la fiabilité qui vont avec. Et, en même temps, cette prise en charge permet aux enfants d’évoluer dans un cadre familial, à petite échelle, avec une référence stable, et souvent avec une fratrie. Bref, dans une vraie « famille de cœur », propice en particulier aux tout jeunes enfants.

Le travail que vous effectuez, Mesdames les accueillantes de jour – puisque je crois qu’en l’occurrence, il convient d’inverser la règle qui veut qu’en français, le masculin l’emporte ! –  gagne donc à être connu, reconnu et valorisé. En plus de ses avantages particuliers, l’accueil familial de jour a les mêmes atouts que d’autres formes officielles de prise en charge extrafamiliale. Vous contribuez donc, Mesdames, à l’intégration et à la socialisation des enfants – de tous les enfants, puisque les parents payent en fonction de leur capacité financière. Vous participez aussi au soutien des familles, et donc au renouvellement des générations, rien que ça ! Enfin, vous faites progresser l’insertion des femmes sur le marché du travail.

Ces femmes, ce sont les mères qui font garder leurs enfants par une accueillante familiale, mais ce sont aussi les accueillantes familiales elles-mêmes, qui doivent pouvoir accéder à la validation sociale de leur travail. Un travail exigeant et polyvalent, tous les parents le savent, mais la société l’oublie très volontiers, préférant laisser dans l’ombre ce travail souvent fait au noir ! Si le canton et la Ville de Genève ont du retard en la matière, plusieurs communes suburbaines dont celle d’Onex  ont pris les devants, et c’est tant mieux. Sans attendre l’entrée en vigueur du règlement d’application de la loi , ni le nouveau projet de loi qu’on nous annonce, ces communes ont mis en œuvre -ou sont sur le point de le faire- l’essentiel du dispositif, de l’engagement des accueillantes à leur couverture sociale, en passant par l’encaissement des frais d’accueil et le payement des salaires. Le travail de ces communes et des coordinatrices qui travaillent pour leur compte au quotidien doit donc, lui aussi, être salué !

La fête d’aujourd’hui est là, dans le cadre de la campagne nationale pour l’accueil familial de jour, pour rendre visible cette forme d’accueil, et rendre hommage aux accueillantes. Merci, chers parents de jour, d’accomplir un travail si précieux pour la collectivité, et appelé à se développer! Merci, chers parents de « toujours », de choisir cette forme d’accueil qui permet à d’autres parents de jouer un rôle dans le bon fonctionnement de notre communauté  ! Merci à chacune et chacun d’apporter votre pierre à la construction d’une société qui, véritablement, accueille ses propres enfants, qui les aide à grandir et à tenir leurs promesses. Merci, chers enfants, d’être là et d’incarner, sans vous en rendre compte, cette promesse d’avenir ! Et maintenant, place à la fête, pour les enfants… et les parents !