Pour une politique familiale de gauche

Vendredi 01 Octobre 2010
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Pages de gauche

En réaction au dossier publié dans le n°90, je souhaite démontrer que oui, une politique familiale de gauche est possible…et nécessaire! Au niveau fédéral, l’engagement des parlementaires socialistes en faveur d’une politique familiale solide et équitable porte d’ailleurs ses fruits.

La famille? La une du numéro en question proclame que «sa défense et son bien-être ne constituent pas des revendications du projet socialiste». Pourtant, la politique familiale est inscrite au programme du PSS. Encore faut-il donner à la famille sa juste et large définition: selon la Conception de la politique familiale du parti de 2002, « il y a famille dès que des adultes, quels que soient leur sexe et leur état civil, vivent dans un même foyer avec des enfants ou des adolescents encore en formation ».

De l’argent…

La politique familiale socialiste agit sur au moins deux piliers. Le premier, c’est le pilier financier. Parmi les progrès obtenus dans ce domaine, citons par exemple le versement, depuis 2009, d’allocations familiales minimales à toutes les personnes salariées (1). A l’origine de cette amélioration – qui devrait bientôt s’étendre aux indépendant∙e∙s – une initiative de la conseillère nationale socialiste Angelina Fankhauser. Par ailleurs, les socialistes s’engagent pour remplacer le barème d’imposition pour couples mariés – dont vous dépeignez à juste titre l’incohérence – par un ou plutôt des barèmes pour familles, au sens large.

…Et du temps

La socialiste Jacqueline Fehr, quant à elle, est à l’origine du programme fédéral d’impulsion à la création de places d’accueil extrafamilial, que les deux chambres ont décidé de prolonger jusqu’en 2015. L’accueil extrafamilial s’inscrit dans le second pilier de la politique familiale, qui veut permettre à toutes et tous de concilier «boulot» et «marmots». Dans ce but, la famille doit aussi être consolidée dans le monde du travail. Temps partiel à tous les niveaux hiérarchiques, horaires adaptés et congés parentaux étendus: les socialistes ont déposé de nombreuses interventions dans ce sens. A titre personnel, j’ai notamment déposé un postulat, qui vient d’être accepté par le Conseil des Etats, pour que les mères dont le nouveau-né est hospitalisé ne soient pas pénalisées au niveau de leur revenu.

Solidarité et égalité

Si la politique familiale fait partie de notre programme, c’est parce que la société a une part de responsabilité dans le développement de ses enfants, qui sont les plus fragiles de ses membres. Une dimension communautaire et solidaire qui, pour moi, est au cœur de l’engagement socialiste. Tout comme le «partage égalitaire du travail familial», que les mesures de conciliation travail-famille cherchent à favoriser. Certes, des compromis sont nécessaires pour faire avancer les causes qui nous tiennent à cœur, mais c’est, précisément, pour la bonne cause!

(1) Ainsi que les personnes sans activité lucrative à revenu modeste.