NON au racisme et à l'antisémitisme sous le couvert de la protection des animaux
Sous le couvert de la protection des animaux, l'association Acusa/VgT tient des discours racistes et antisémites et les répand dans les foyers en Suisse.
Choquée par ces dérives et inquiète de cette situation, je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:
1. Le Conseil fédéral ne pense-t-il pas que la cause de la protection des animaux ne devrait pas être corrompue par de tels discours, punissables selon l'article 261bis du Code pénal suisse?
2. Est-ce que le Conseil fédéral ne pense pas que, vu le fait que ces discours ont été répandus dans tant de foyers suisses, la population a le droit d'être informée de ce qui se cache derrière ces publications et qu'une réaction qui va au-delà d'une simple condamnation serait nécessaire?
3. Le Conseil fédéral peut-il faire part publiquement de sa réprobation, ce qui constituerait déjà une forme de participation au rétablissement de la vérité?
4. Le Conseil fédéral envisage-t-il des mesures pour empêcher la distribution de brochures à caractère raciste ou antisémite, notamment quand elles sont le fait de personnes ayant des antécédents en la matière?
Développement
La revue "Acusa-news"/"VgT-Nachrichten" est distribuée gratuitement dans 350 000 foyers en Suisse romande, respectivement 500 000 foyers en Suisse alémanique. Son rédacteur et financier est Erwin Kessler. L'association, la revue et son initiateur s'engagent radicalement pour la cause des animaux et mettent le doigt sur l'élevage d'animaux dans de mauvaises conditions. L'existence de telles associations est certainement nécessaire et leur travail de lobbying fait partie du jeu démocratique. Pourtant, sous couvert de cette honorable cause, M. Kessler et ses collaborateurs se lancent dans des discours qui sont remplis d'allusions racistes, xénophobes et antisémites.
Ainsi, par exemple, dans ces publications distribuées gratuitement dans les foyers, M. Kessler recommande-t-il la lecture de livres écrits par des personnalités négationnistes bien connues.
Voici quelques exemples tirés de cette presse nauséabonde: le rite juif de l'égorgement est comparé à l'holocauste en tant que crime de masse. A cause du traitement de leurs animaux, la Turquie et la Roumanie sont appelées des "barbares qui sont devant la porte de la culture occidentale" (le même traitement est ensuite également déploré concernant des cas en Suisse). Des termes comme "solution finale" ou "camps de concentration" sont utilisés et ainsi banalisés par les rédacteurs de la revue. On se moque ainsi des victimes de l'holocauste.
L'engagement pour la cause des animaux est certainement une chose honorable et tout à fait nécessaire. Pourtant, on peut se demander si de telles publications ne font pas plus de dommages à la cause défendue qu'ils ne la servent. La population qui reçoit la revue sans l'avoir demandée est désorientée par le mélange choquant d'arguments pour la protection des animaux et de propos racistes et antisémites.
M. Kessler a déjà été condamné plusieurs fois pour ces discours racistes et antisémites, notamment par la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg. Actuellement, les Communautés israélites de Suisse romande (CICAD) et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) ont porté plainte contre l'association Acusa/VgT suite à sa dernière publication. Mais, pour que ces atteintes répétées cessent, une réaction politique s'impose qui nécessite une condamnation très ferme de celles-ci de la part du Conseil fédéral.