Mettre nos compétences au service des sages-femmes
Je vous souhaite la bienvenue à notre assemblée d’aujourd’hui, qui nous offre une fois de plus l’occasion de nous rencontrer, de débattre et d’échanger, dans la richesse des opinions et des sensibilités de chacune, sur notre profession et sur notre Fédération.
Pour défendre au mieux les sages-femmes, la Fédération suisse doit pouvoir conjuguer sa solide expérience avec une vraie modernité. Et elle doit être à même de faire fructifier les compétences de ses membres en s’appuyant sur des structures professionnelles, transparentes et efficaces.
Faire mieux avec peu, et se donner les moyens de fonctionner même si ceux-ci sont limités : c’est l’objectif de la refonte de nos statuts, de l’élaboration d’une Charte et de toutes les propositions visant à renforcer notre Fédération, pour qu’elle soit vraiment en mesure de promouvoir l’intérêt des sages-femmes et la reconnaissance de notre profession, dans un monde qui, souvent, rechigne à prendre le temps de la physiologie. Mais, attention, faire mieux avec peu, c’est aussi savoir renoncer à des activités sans doute fort intéressantes mais trop gourmandes en moyens et établir des priorités.
Faire mieux avec peu, c’est aussi le but de nos réflexions autour de notre Convention avec santésuisse puisque, sur fond de pression constante à économiser, nous voulons travailler, à moyen terme, à l’entrée en vigueur d’une nouvelle convention même s’il faudra, pour cela, sans doute attendre encore un peu, pour avoir suffisamment de chances de succès. Une convention qui doit permettre l’ajustement de nos prestations à l’évolution de la prise en charge des femmes autour de la maternité, ainsi que l’ajustement de nos tarifs.
Car la situation économique des professionnel-le-s de la santé qui ne sont pas médecins et qui exercent de manière indépendante est spécialement préoccupante et je ne vous apprends rien en le disant ! Le revenu de ces professionnel-le-s, parmi lesquels de nombreuses sages-femmes, doit permettre de couvrir leurs frais de loyer, de matériel et d’installation en plus, bien sûr, de leur salaire. Lequel salaire, en l’absence de toute adaptation au renchérissement, décroît continuellement, pour atteindre un seuil critique. En effet, si les salaires ont été revalorisés en milieu hospitalier, tel n’est pas le cas dans le secteur ambulatoire, où les tarifs stagnent depuis plus de 15 ans.
Or, la prochaine généralisation de la tarification hospitalière par SwissDRG rendra les professions de ce secteur d’autant plus importantes pour une prise en charge adaptée des femmes avant, pendant et après l’accouchement. Par ailleurs, dans un récent rapport, le Contrôle fédéral des finances recommande que le Conseil fédéral puisse édicter des tarifs provisoires en cas de blocage des négociations entre médecins et assureurs. Pour toutes ces raisons, j’ai récemment demandé un rapport sur la situation des indépendantes et indépendants non médecins, sous l’angle, notamment, de leurs relations avec les assureurs-maladie. Mon postulat doit être traité prochainement au Conseil des Etats.
Cet exemple concerne les sages-femmes indépendantes, mais les sages-femmes salariées ont, elles aussi, besoin d’une voix forte et crédible pour défendre leur cause. Notre Fédération est ce dénominateur commun entre des professionnelles aux parcours différents, voire aux avis divergents – ce qui rend le débat démocratique plus riche et plus intéressant !. Mais toutes ces professionnelles font le même métier avec, je le crois, un même but : mettre leurs compétences au service de la vie – rien de moins !
Nous toutes, déléguées des sections locales, membres du comité central ou membres du secrétariat, ajoutons à ce but un autre : mettre nos compétences au service des sages-femmes. Pour votre engagement, tout au long de l’année, à faire entendre les revendications des sages-femmes dans l’espace public, je vous remercie de tout cœur ! La sagesse qu’on nous attribue nous permettra, j’en suis certaine, de continuer à trouver, ensemble, des positions communes et porteuses d’avenir.
Comme l’a écrit Daniel Pennac, « Naître, c’est à la portée de tout le monde ! Mais il faut devenir ensuite ! Devenir ! ». Que notre travail à toutes ainsi que la présente assemblée nous permette de devenir les actrices d’un vrai changement de société : une société qui donne à la naissance et aux sages-femmes la place qui leur revient.