Liliane Maury Pasquier: du Municipal au National

Samedi 01 Novembre 2014
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Causes Communes

Mes racines municipales - C’est dans la commune de Veyrier que mon engagement politique trouve ses racines. Élue au Conseil municipal en 1983 puis réélue à deux reprises, j’ai eu la primeur d’une présidence socialiste du parlement veyrite, après presque vingt ans de présence du PS en son sein.

Graines de démocratie - C’était là le bourgeonnement d’une véritable démocratie, puisque cet événement a permis de reconnaître les électrices et électeurs de notre parti comme citoyen-ne-s à part entière, dont les représentant-e-s ont accès, comme les autres, aux postes à responsabilités. Dans la volonté de faire fleurir la démocratie en offrant au corps électoral un choix ouvert entre des candidat-e-s de tendances différentes, j’ai aussi été candidate au Conseil administratif en 1991. Malheureusement sans chance de succès, vu la liste bloquée de l’Entente ! Je me suis employée à semer d’autres graines de démocratie en promouvant au sein du Conseil municipal le respect de toute personne, quelles que soient ses idées et sa manière de les exprimer, mais aussi en m’engageant pour une plus forte représentativité des autorités communales, en particulier pour ce qui est de la présence féminine.

Engagement terre-à-terre - Jusqu’à mon déménagement en Ville de Genève en 1992 et à ma démission consécutive du Conseil municipal de Veyrier, je me suis engagée avec sève au parlement communal pour résoudre des problèmes très terre-à-terre, que je vivais moi-même « de l’intérieur ». Comme, par exemple, l’absence de crèche ou l’insécurité sur les routes du village, au trottoir trop étroit et parsemées de camions. Notre travail ayant porté ses fruits, les problèmes ne sont plus les mêmes aujourd’hui. Mais l’engagement politique communal reste caractérisé par cette proximité avec les citoyennes et citoyens, avec qui l’on partage un même quotidien et, de temps en temps, un café.

Ramifications fédérales - Après un bref passage au Grand Conseil, dès 1995, j’ai continué de m’engager au Conseil national, notamment par voie de motion, pour une plus grande participation des femmes à la vie politique. Aux États depuis 2007, aujourd’hui dans la fleur de l’âge, c’est toujours avec vigueur que je plaide pour développer les places de crèche. Comme je viens de le faire lors de la session d’automne, qui a vu les chambres accepter de prolonger le programme fédéral d’impulsion à la création de places d’accueil extrafamilial. Sachant que les crèches profitent aussi à l’engagement politique des femmes ! Autre ramification de mon engagement passé à Veyrier, mon opinion sur les camions : lors de cette même session d’automne, j’ai refusé - comme mes camarades, mais contrairement à la majorité de mes collègues - le projet de construction d’un tunnel routier supplémentaire au Gothard. Le nouveau tunnel ferroviaire devrait permettre bien mieux d’enlever les camions du milieu des villages mais aussi de la route, pour les emmener vers le rail.

Cultiver notre jardin - C’est donc dans le terreau municipal que s’enracine mon engagement politique, en particulier mes convictions démocratiques et mon attention à des problèmes très concrets. Si je me suis parfois plantée, je m’épanouis pleinement et cherche toujours et encore à faire germer des changements. Ce que je fais aussi en incitant chaque citoyen, chaque citoyenne à prendre part au jeu démocratique, autrement dit à « cultiver notre jardin ».