Les armes causent trop de drames
Plus de deux millions : c’est le nombre d’armes à feu abritées par les ménages suisses. Plus de trois cents : c’est le nombre de vies perdues, chaque année dans notre pays, suite à un coup de feu. Chacune de ces morts est une mort de trop. C’est sur ce constat que se base l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes ».
Son objectif est clair : éviter des gestes impulsifs aux conséquences mortelles. Car les études le montrent : la disponibilité des armes est un facteur essentiel du passage à l’acte, qu’il s’agisse de meurtre ou de suicide. Pour ce qui est des meurtres et des violences, il suffit de penser aux drames qui ont marqué notre canton en 2010, de Plan-les-Ouates à Conches, en passant par le Petit-Lancy.
Quant au suicide, la corrélation a été démontrée entre ces deux variables typiquement helvétiques : la forte prévalence des armes à feu à la maison, et la proportion élevée de suicides par ces armes. Ainsi, à Genève, 18% de la population possède une arme à domicile, et 15% des suicides se font par arme à feu. A l’autre extrémité, dans les cantons de Suisse centrale, ces taux sont respectivement de 57% et de 33%.
Pour atteindre son objectif, l’initiative propose trois mesures essentielles. D’abord, elle veut sortir les armes militaires du placard, et imposer leur conservation à l’arsenal. Comme c’est possible à Genève depuis 2008 déjà, de manière volontaire et gratuite. Il faut dire que, pour reprendre les propos de Jean-Jacques Chevalley, divisionnaire de l’armée, « militairement, j’aurais de la peine à vous expliquer pour quelle raison, aujourd’hui encore, il faut maintenir l’arme à la maison. » Les Suisses doivent donc rendre les armes ! L’initiative prévoit d’ailleurs aussi le ramassage systématique de toutes les armes inutilisées.
Deuxième mesure proposée : la nécessité, pour quiconque veut acheter, porter, utiliser ou remettre une arme à feu, de faire la preuve de son besoin et de sa capacité. Une vérification qui n’entrave pas, mais qui au contraire légitime les tireurs sportifs, les chasseurs et les collectionneurs conscients de leurs responsabilités.
Troisièmement et enfin, l’initiative propose la création d’un registre national des armes à feu. En Suisse, chaque voiture, chaque vache, chaque chien sont enregistrés. Il est donc temps de faire de même avec des objets aussi dangereux que les armes à feu ! L’initiative veut d’ailleurs interdire les plus redoutables, comme les fusils à pompe et les armes automatiques, une interdiction qui ne devrait même plus faire débat après la tragédie de Zoug.
Autant de mesures, simples et efficaces, qui grâce à notre OUI le 13 février prochain, permettront de mettre fin, en Suisse, au règne de la peur au fusil.