Empêcher de nouveaux drames dus aux armes

Mardi 25 Janvier 2011
Type d'activité: 
discours/exposé
Source: 
Manifestation de soutien à l'initiative pour l'interdiction des armes

Plus de deux millions d’armes à feu dorment dans les armoires des foyers suisses. Hélas, ces armes se réveillent parfois, sous l’action d’un geste violent, et causent, chaque année, près de trois cents morts. En limitant l’accès aux armes, l’initiative «Pour la protection face à la violence des armes» veut justement éviter ce type de gestes impulsifs, aux conséquences souvent mortelles.

Car plus les armes à feu sont à portée de main, plus grands sont les risques de passage à l’acte, et plus graves en sont les effets. C’est vrai pour les agressions, comme la fusillade de Lancy. Sans arme à feu, la même altercation aurait-elle eu les mêmes terribles conséquences? Non, et c’est aussi vrai pour les cas où, dans un moment de détresse, celui qui manipule l’arme la retourne contre lui.

En Suisse, le nombre de suicides par arme à feu est particulièrement élevé, comme le nombre d’armes disponibles à la maison, et ceci explique cela. Ainsi, à Genève, 18% de la population possède une arme à domicile, et 15% des suicides se font par arme à feu. A l’autre extrême, dans les cantons de Suisse centrale, 57% de la population a une arme à la maison, et 33% des suicides sont commis par arme à feu!

L’entreposage obligatoire des armes militaires à l’arsenal et le ramassage des fusils qui prennent la poussière en attendant, un jour, de se réveiller sont donc des mesures essentielles de prévention. De même que la nécessité de prouver son besoin et sa capacité à manier des armes. De même, aussi, que la création d’un registre national des armes à feu, comme cela existe déjà pour les voitures, les chiens ou même les vaches, qui sont autrement moins vaches, moins potentiellement nocives que les fusils! Quant à l’interdiction des armes les plus dangereuses, elle ne devrait même plus faire débat après la fusillade tragique du Parlement de Zoug, en septembre 2001.

Il ne s’agit pas ici de confiance dans la capacité des citoyens mais de vies humaines. Il ne s’agit pas non plus d’empêcher l’exercice du tir sportif mais de laisser les armes là où elles doivent se trouver: dans un lieu sûr, pas dans une armoire!Pour empêcher de nouveaux drames dus aux armes, il nous faut donc dire OUI à cette initiative!