Assurance-maladie: pour une réforme en profondeur

Mardi 24 Mai 2011
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Tribune de Genève

Notre système d’assurance-maladie est malade des effets secondaires de la concurrence. La solidarité se gangrène, aux dépens des personnes âgées et des malades chroniques victimes de la chasse aux bons risques. Et les primes, comme une tumeur, croissent sans cesse et sans vrai contrôle.

Depuis des années, la population genevoise est particulièrement touchée par cette hausse, qui alimente des réserves excessives, parfois transférées ailleurs. Or, la mesure de rétrocession qu’annonce le Conseil fédéral ne porte que sur la moitié des presque deux milliards de francs accumulés dans les caisses des cantons excédentaires.

C’est dans ce contexte qu’est née l’initiative populaire pour une caisse publique d’assurance-maladie, et son comité de soutien genevois. Celui-ci se compose de nombreuses personnalités et organisations : associations de professionnel-le-s de la santé, de défense des assuré-e-s et partis de tous bords (MCG, PSG, Verts Genevois, PEV Genève).

La création d’une caisse publique -avec une agence et une prime par canton- poserait des bases saines pour une réforme en profondeur de l’assurance-maladie, qui se résument en quelques mots.

Transparence. Intégrant des représentant-e-s des pouvoirs publics, des prestataires de santé et des assuré-e-s, la caisse publique leur donnera un droit de regard. D’où une meilleure information sur les coûts et les primes –qui doivent se correspondre-, et un meilleur accès aux divers modèles d’assurance.

Universalité de l’assurance. Avec une seule agence et une seule prime par canton, la sélection des risques ne sera plus possible.

Coûts dépollués de la concurrence. Près d’un demi-milliard de francs seront économisés, chaque an, en frais de publicité, de courtage et de changements de caisse. Avec, à la clé, des primes plus justes et plus supportables.

Une chance de développer la prévention. Comme on ne pourra plus changer de caisse, l’assureur sera incité à rembourser des prestations de prévention, dont il profitera par retour sur investissement. Car la prévention permet de réduire les inégalités de santé, mais aussi les coûts : une perspective de maîtriser la hausse des coûts, donc des primes.

Reste à proposer des mesures ciblées pour réduire les primes (pour les familles, notamment) et à débattre d’autres modes de financement de l’assurance-maladie. Mais la caisse publique est un premier pas pour restaurer la cohérence et la confiance. Cohérence entre les objectifs de la politique de santé et le fonctionnement de l’assurance-maladie. Et confiance des assuré-e-s dans le système, qui a grand besoin d’être rétablie.